‹ Théorie des changes étrangersChapitre 47 sur 51 · IMPORTATION ET EXPORTATION DU NUMERAIRE · texte numérisé non relu

IMPORTATION ET EXPORTATION DU NUMERAIRE

Le mouvement du numéraire est plus difficile à connaître que celui des marchandises, parce que les statistiques officielles ne donnent pas des chiffres aussi exacts pour les métaux précieux que pour les marchandises.

L’inexactitude des statistiques de la douane en ce qui concerne l’or, a été signalée dans les di-

RAPPORT SUR 1RS PAYEMENT

verses enquêtes faites sur la question des banques et sur la monnaie.

Les personnes qui importent ou exportent l’or et l’argent font un bénéfice extrêmement réduit sur chacune de leurs opérations, et ce n’est qu’en les multipliant qu’elles peuvent arriver à des résultats avantageux.

La moindre augmentation dans les frais de transport suffit pour arrêter toute affaire ; aussi, les personnes qui font le commerce des métaux précieux sont-elles souvent amenées à faire aux transporteurs des déclarations inexactes pour ne pas payer le plein des tarifs. C’est une manière, pour les négociants en métaux précieux, de rester leurs propres assureurs dans une certaine mesure. Les déclarations inexactes recueillies ensuite par la douane forment la base des tableaux publiés.

Les états de la douane portent pour le numéraire, dans les trois années 1871, 1872 et 1873, une exportation de 1 milliard 335 millions, et une importation de 1 milliard 2(>2 millions de francs, ainsi que cela résulte du tableau que nous avons donné plus haut. Nous avons vu que le gouvernement français avait exporté par lui-même, pour les payements à l’Allemagne, 513 millions de francs en numéraire, de sorte que le commerce

DK L’iNDEMXIxi DK GUERRE 325

n aurait exporté, si les clii lires cle la douane étaient exacts, que 820 millions de francs en numéraire. Il résulte, cependant, des renseignements particuliers que nous avons obtenus des trois maisons de Paris qui font le plus d’affaires en métaux précieux, que ces trois maisons ont exporté à elles seules, pendant ces trois années, du numéraire pour 850 millions de francs. )

Ce n’est donc pas dans les états de douane que l’on peut trouver une indication précise du mouvement des métaux précieux en 1871, 1872 et 1873.

Ce que l’on sait, avec une certaine exactitude, c’est la production des métaux précieux dans le monde et le monnayage dans les différents Etats.

On a fait des études très sérieuses sur la production de l’or et de l’argent, et on a pu dresser des états, que l’on considère comme suffisamment approximatifs, de la quantité d’or et d’argent existant dans les pays de l’Europe, aux Etats-Unis et dans les colonies anglaises.

On sait que cette quantité a beaucoup augmenté depuis 1848, à la suite des découvertes de gisements aurifères en Californie et en Australie,

Dans la publication faite en 1873 par le ministère des finances de Belgique, à l’occasion de la révision de la convention monétaire, on trouve un

:j^6 RAPPORT SUR LE PAYEMENT

tableau du stock d’or et d’argent des pays de la civilisation occidentale à la fin de chaque année, de 1849 à 1867 (6 e fascicule, page 16).

Ce tableau porte à 25 milliards 141 millions de francs le stock d’or, et à 18 milliards 629 millions de francs le stock d’argent, soit 0111011145 milliards 770 millions en 1867, tandis qu’il n’était que de 54 milliards 488 millions en 1849.

La différence constitue un accroissement, sur l’or et l’argent réunis, de 9 milliards 282 millions de francs, mais la quantité d’or a augmenté de 10 milliards 728 millions, tandis que la quantité d’argent a diminué, par suite des exportations continuelles d’argent dans la Chine et dans l’Inde, de 1 milliard 446 millions de francs.

Stock d'or et d'argent des pays de la civilisation occidentale, à, la fin de chaque année, de 1849 à, 1867 (milliers de francs). Or à, 3^444 fr. 44 le kilog. ; argent à 222 fr. 22 le kilog.

OR

Page 1