LA RÉSOLUTION DES ÉQUATIONS ALGÉBRIQUES
1 . Dans le lome XXVII du Journal de d'elle (p. io5), . M. Eisenstein a signalé la relation suivante :
^"^ I =A;Aj-6A.A,A,A3-H4AaA; + 4AÎA,~3A; AJ,
"où*
k^=za^a\ — 3 a, «a «3 -H 2 a},
A, =— flo«2«3 + 2«; as-^a, a^,
. A2 = — «o«i<ïj+ 2flJ«;, — tfj^i,,
Si Ton fait •
les dernières relations reviennent à
i du i du \ du \ du
Ao — -J— 9 A I ^ — — 9 Aj 77 -7— 9 A3 r— •
2 a^o O a^i o da^ 2 ^^3
L'expression w est le discriminant bien connu de la fonction homogène du troisième degré
(2) «oJ?'-H3ûr,:c»r-+-3«,jry'-hrt3jr3;
et si Ton désigne par U le discriminant de
, n V du ^ du du du
Téquatiou (^) pourra s'écrire
M. Sylvester a- appelé l'expression (3) Véi/ectant du discriminant de la fonction (2), et généralement, si l'on considère la fonction homogène du n'^"*" degré
(4) «0 -^ -H na, .r«-' j -f- ^^^'"^'^ a, JO^'y 4- ... 4- a,, ^„ ,
et qu'on représente par (f un invariant quelconque dé cette même fonction , il nomme évectant de cet invariant l'expression suivante : *
Cela posé, la relation d'Eisenstein peut être démontrée et généralisée au moyen de ce théorème : *
Si l'on considère Tévectant d'un invariant quelconque d'une fonction homogène du /i'*'"* degré, tout invariant de cet évectant sera une fonction algébrique, entière, rationnelle des invariants de la fonction homogène considérée.
Cette proposition pourrait se déduire de l'importanlc loi de réciprocité de M. Sylvester (*) 5 mais il ne sera peutêtre pas inutile de l'établir directement comme il suit :
Un invariant quelconque f de la fonction (4) doit, comme on sait, satisfaire aux deux équations
(5) 2 r«;., «,.= o, 2 (/z — r-î- i)/î^ar i= o,
OÙ ar = V*î ^^ pareillement un invariant à de l'évectarit
dur *
(*) The Cambridge and Dublin Mathemalical Journal, november i85q. — On thc principlcs qf the calculas qf FormSj scct. IV.
de l'invariant (p, c'est-à-dire un invariant ^ de
a» .v" -h a, x"-' X 4- «v ^""^ j' + • • • "+" ^" /" sera déterminé par. les deux équations
L'invariant ^ sera évidemment une. fonction algébrique, entière et rationnelle des coefficients «o? «!)•••? «115 et l'on aura
^^I* ^ d"^ doLs
dur -^ dcts dOr
Tk • 1 docg d}o doLr .X ' 1
Par suite, en observant que —— ==— — i— =-r-» " viendra * aar dasdor dos
sz= n r=:n
^ri d^ ir% d'^ yc^ dxr
21 '•"'-rfj,=2;-âT.2i '•"'-' ât;
Mais la première équation (5), différentiée par rapport à a,j donne
donc , en observant que a„+i n'existe pas ,
/ == n f = rt — I •/• = n
c'est-à-dire, d'après la deuxième équation (6),
et l'on trouverait de la même manière
Ces deux équations démontrent que ^ est un invariant de la fonction (4), ou, en général, une fonction algébrique, entière, rationnelle des invariants de cette même fonction.
Si Finvarîant (f est du m'^"*" degré, et que l'on syippose ^ du degré r par rapport aux coefficients de l'éveofant, ^ sera du degré r[m — i) par rapport aux coefficients de la fonction.
Dans le cas où la fonction est du troisième degré, son unique invariant est le discriminant u ; conséquemment le discriminant U de l'évectant de u (lequel discriminant, d'après ce qui vient d'être dit, sera du degré 4-3) devra ^ être égal à une fonction algébrique, entière , rationnelle du degré de m, c'est-à-dire on devra avoir
U = AaS
h étant un coefficient numérique qui, comme on Ta vu, est 1 égal à i6.
Pour la fonction homogène du quatrième degré
on a rinvarîant quadratique
l'invariant cubique
Y3 = ûo a^ ^74 + 2 ^, <7: £?3 — ûo ^3 — <74 « J — û J ,
et le discriminant
(7) D = YÎ-2,YJ.
Représentons par K,, E3, Ee les évectaiiis correspondants à CCS trois invariants, et par Yj(E,), Yj (Es),Yj (Et),.* • les invariants quadratiques, cubiques, etc., des évectanls
En prenant, par exemple, la forme Y3 (Eg), évidemment du quinzième degré, on aura, d'après le théorème précédent,
Y3(E.) = /YÎY,^-;7lT;Y5^-/lY;;'
et pour Yt(E8), du quatrième degrés on aura aussi
Ij m, n^ p étant des coefficients numériques. Ces coefficients, pour la fonction homogène du quatrième degré, se déterminent facilement, et l'on obtient les relations
Y,(EO = Y„ Y,(E3)=:^Y5, • Y,(Ee) = 9Y;(Y;-27Y;) = 9Y5D.
On trouve semblablement
Y3(E0 = Y3, Y3(E3) = ^(54y;-Y;), Y3(Ee)=-54Y3D%
et enfin
D(Ee) = Y;(E0-27Y?(E0 = 7a9(Y;-54Y;)D*.
La dernière de ces relations est pour les fonctions du quatrième degré l'analogue de la relation (1) pour les formes du troisième degré.
Des équations
dûo ' r/rï, dûn
on peut déduire ^0? ^iv**9 ^n ^^ fonction de «o-. «i,.., âr„
et réciproquement ; et si Ton considère <f comme dépendant de «0 9 c^iv • •) ^/> ^^ tant que ces dernières quantités dépendent elles-mêmes de ao, a^ , . . . , on aura
d(f da^ d (f d a-i da^ dor dcx,i dOr
dff ddn d^
doLn dOr dflr
On peut déduire de là les valeurs de -r^ » -7^5 - '- agt^ dai
aura par exemple
ou
d(f da^
doLi dox
doLi
dttn
da^ d oii ' da^ dttx
da^ dcLn
dan
dûni
• 9 et Ton
En se rappelant que -^ = -~ » l'équation précédente peut
dar
se mettre sous la forme
(/w— l)ao
dao dft.
dxo dan
doLf
dan
dax dan
et , comme en vertu de l'homogénéité de 9 »
ao
dcLr
da^
doLr
''in;:
dan ^ ^
si l'on ajoute aux éléments de la première colonne ceux des autres colonnes respectivement multipliées par — Ct 3 — «2 , • . • , — un 9 ou obtient
et généralement
Il résulte de là que si l'on considère Tévectant de l'invariant du degré r d'une fonction homogène quelconque (4) ^ l'invariant du r'*'"' degré de cet évectant pourra s'exprimer par le moyen de l'invariant considéré de la fonction , c'est-àdire que l'on aura, en se conformant à la notation adoptée.
En faisant , pour abréger,
(la.
on aura
et, par suite,
rfY,(E.)^Y,.,^^
dOLs
Ces relations se vérifient précisément pour l'évectant du discriminant de la fonction homogène du troisième degré, et Ton a
U = i6ie%
"«0 aaj rta3 «aj
formules que M. Ëisenstein avait données sans démonstration.