CHAPITRE II
DK L A RÉFLEXION DE LA LUMIÈRE SUR DES SURFACES CYLIN- DRIQUES A CANNELURES TRANSVERSALES.
8. Le principe de la réflexion de la lumière par des surfaces cylindriques n’est pas applicable à l’explication des effets optiques de toutes les étoffes indistinctement; car parmi les étoffes « crflcs, il en est qu’on ne saurait assimiler à un système de cylindres parallèles, par la raison que les côtes, loin de présenter une surface unie ou à peu près unie, ont des sillons plus ou moins profonds perpendiculaires à leur axe. Si des sillons séparent ces côtes l’une de l’autre dans le sens de leur longueur, comme les sillons qui séparent des cylindres disposés parallèlement, les sillons qui creusent la surface des côtes perpendiculairement à leur axe les mettent dans une condition toute différente de celle des cylindres pour réfléchir la lumière qui leur arrive obliquement; et l’on jugera de la différence des effets, en observant la réflexion de la lumière à la surface d’un système de cylindres parallèles, comparativement avec celle qui a lieu à la
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surface des cylindres d’un diamètre de o‘",oi5, à cannelures transversales. Mais, avant de parler de ces effets, je dois dire que je désigne sous le nom de sillons longitudinaux les parties creuses qui se trouvent entre les cylindres ou entre les côtes , et sous celui de sillons transversaux les parties creuses transversales de ces côtes. Quant à leurs parties convexes qui réfléchissent la lumière, on peut les comparer à des anneaux cylindriques juxtaposés sur un même axe, et désigner dans chacun d’eux la partie tournée vers la lumière par l’expression de face antérieure , et la partie opposée par l’expression de face postérieure, soit que l’anneau se présente à la vue par son plan ou qu’il s’y présente par son bord.
9 . Supposons un système de cylindres cannelés transversalement de o ro ,oi5 de diamètre d’un métal blanc, dans la première position (a), le jour venant de a (fig. 3).
1 " circonstance. Si l’observateur le regarde de 0 en «, il verra la partie la plus élevée des anneaux plus éclairée que le reste, mais par de la lumière réfléchie irrégulièrement plutôt que par de la lumière réfléchie spéculairement , puisque la face antérieure est en partie cachée à l’œil.
Les parties médianes sont ombrées, et les parties placées au-dessous, dans le fond des sillons longitudinaux, sont éclairées par uue lumière de reflet.
En définitive, l effet est celui des cylindres diminué de l’effet de toutes les parties enlevées par le creusement des cannelures ou sillons transversaux.
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a* circonstance. Si l’observateur regarde le système de a en b, il recevra plus de lumière réfléchie spéculairement qu’en i, parce que l’oeil aperçoit la partie antérieure des anneaux qui est éclairée.
Quant à leur partie médiane, elle est moins ombrée qu’en i.
En définitive, l’effet îles cylindres cannelés est inverse de celui des cylindres pleins ; car, en cette circonstance, C œil reçoit plus de lumière, que dans ta première, la quatrième et même la troisième.
Supposons le système des cylindres cannelés transversalement de métal blanc dans la seconde position, le jour venant de a (fig. 4)-
3' circonstance. Si l’observateur le regarde de b en a, il verra les anneaux plus brillants qu’en i, parce que l’œil embrassant chacun d’eux dans sa largeur, il reçoit plus de lumière réfléchie spéculairement, non-seulement de sa partie la plus élevée, mais encore de chaque sillon même. Cet effet est donc tout différent de celui des cylindres vus dans la même circonstance.
4 e circonstance. Si l’observateur regarde le système de ii en b, il ne verra qu’une bande de lumière étroite discontinue, réfléchie spéculairement par la partie médiane de la face antérieure de chaque anneau, la partie la plus élevée de cette même face, aussi bien que la partie la plus élevée de chaque sillon transversal, étant fortement ombrée; sous ce rapport elle fait ressortir la vivacité de la lumière réfléchie spéculairement. Ce que je dis du peu de largeur et
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de la discontinuité de la bande de lumière réfléchie spéculaircment par chaque cylindre cannelé, ne s’applique pas au cylindre cannelé le plus rapproché du spectateur, qui, se présentant à découvert, est bien plus lumineux que ne le sont les cylindres placés derrière lui.
10. Supposons maintenant un système de cylindres cannelés transversalement de o m ,oi 5 de diamètre d’un métal coloré. Les phénomènes seront absolument analogues à ceux que nous avons observés en comparant le système des cylindres de métal blanc au système des cylindres de métal coloré. Ainsi, lorsqu’il y aura plus de lumière réfléchie spéculairement, le ton de la couleur sera moins élevé que lorsqu’il y en aura moins de réfléchie avec la lumière colorée. D’un autre côté, avec le système des cylindres cannelés blancs, le contraste de ton des parties brillantes avec les parties ombrées sera plus grand qu’avec le système des cylindres cannelés de couleur.
1 1. Les phénomènes que je viens de décrire sont bien plus frappants encore, si on les observe sur des cylindres creusés transversalement de sillons trèsfins.
i a. L’analogie entre les effets optiques des cylindres métalliques à cannelures transversales et les effets optiques des étoffes à côtes, nommées reps par la trame , reps par la chaîne , bazinés , et côtelines , deviendra évidente lorsque je traiterai de l'application des principes que je viens d’énoncer aux effets optiques de ces étoffes.
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1 3. Enfin, les velours simulés se comportent comme les reps, lorsqu’on les regarde le dos tourné au jour, tandis qu’il est de ces mêmes velours susceptibles de se comporter à la manière des velours frisés, quand on les regarde le jour en face de soi. Ceux qui sont dans ce cas présentent donc alors les effets des cylindres unis, taudis qu’en les regardant le dos tourné au jour, ils présentent les effets des cylindres à cannelures transversales.