PREMIERE PARTIE
§ I. — RÈGLE DES SIGNES DE DeSCA.RTES..
1 . La règle des signes de Descartes consiste dans les deux propositions suivantes :
V{x) désignant un polynôme ordonné suivant les puissances de x^ le nombre des racines positives de V équation F [x) = o est au plus égal au nombre des variations du polynôme F {x).
Si le nombre des racines positives est inférieur au nombre des variations dupolynôme, la différence est un nombre pair.
Pour établir la première proposition, je démontrerai que, si elle est vraie quand le polynôme qui forme le premier membre de Téquation présente (m — i) variations, il est également vrai quand ce polynôme présente m variations. La proposition sera, par suite, établie dans toute sa généralité, puisqu'elle a lieu évidemment dans le cas où tous les termes dupolynôme sont de même signe.
Soit donc
F(;r) = A^-h ..-f-Ma;'*-f-N^-f-...4- Ra",
un polynôme ordonné suivant les puissances croissantes ou décroissantes de X et présentant m variations. I/équation
où a désigne un nombre réel arbitraire, a les mêmes racines positives que l'équation
et la fonction qui constitue son premier membre demeure finie et continue, quand x croit indéfiniment à partir d'un nombre positif i aussi petit qu'on le veut. On peut donc appliquer le théorème de Rolle entre les limites o et -+- oo , et Ton voit que le nombre des racines de l'équation (i) est au plus supérieur d'une unité au nombre des racines de Téquation x"^"^*^ [x¥'{x) — aF{x)] = o, ou encore de l'équation
f a) xY'{x) — aY[x) = o.
Les coefficients de cette équation sont respectivement
Le polynôme ¥{x) présentant m variations, supposons que M et N soient de signes contraires, et choisissons le nombre arbitraire a de telle sorte qu'il se trouve compris entre les nombres r et5; on voit que, dans la suite précédente, les coefficients numériques des quantités A, . . ., Met ceux des quantités N, . . ., R sont de signe contraire.
Le premier membre de l'équation (2) présente donc autant de variations que la suite
c'est-à-dire (m— i) variations; il en résulte que cette équation a au plus [m — i) racines positives et Téquation (i) au plus m racines positives. La proposition! est donc complètement établie.
Pour démontrer la proposition II, il suffit, comme on sait, de remar-
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quer que le «ombre des racines positives de Téquation (i) et le nombre des variations du polynôme V{oc) sont toujours de même parité.
2. La démonstration précédente ne suppose en aucune façon que les exposants /?, /i, /% ^ , . . . sont des nombres entiers; ils peuvent être fractioiuiaires ou même incommensurables.
Ainsi Téquation
présentant trois variations, a au plus trois racines positives; il est clair, du reste, qu'elle ne peut avoir de racine négative.
On peut supposer également que F (a?) soit une série ordonnée suivant les puissances croissantes de x. Si elle est convergente pour toutes les valeurs positives de j'* plus petites qu'un nombre donné a, en cessant d'être convergente pour x=^n/\\ résulte de la démonstration précédente que le nombre des valeurs positives de x, pour lesquelles la série F (a?) esl convergente et a pour valeur zéro, est au plus égal au nombre des variations de la série.
De plus, si le nombre des valeurs de x qui jouissent de cette propriété est inférieur au nombre des variations de la série, la différence est un nombre pair.
En effet, le nombre des variations des termes de la série étant supposé fini (ce qu'il fout nécessairement supposer pour pouvoir appliquer le théorème précédent), F (a;) est égal à un polynôme 0(;r) suivi d'un nombre indéfini de termes ajant tous le signe du dernier terme de ^[x). Pour a? = o, la série a le signe du premier terme de 9[x). Quand x tend vers la valeur a, $(a*) tend vers une valeur finie; les termes complémentaires, qui sont en nombre infini, ont tous le signe (lu dernier terme de 0(ir), et leur valeur absolue va en croissant indéfiniment, |)uisque la série est divergente pour x = a.
Donc, quand x s'approche indéfiniment de a, la série de^{x) croit indéfiniment en valeur absolue en gardant le signe du dernier terme de $ {x)\ le nombre des variations de la série et le nombre des racines considérées sont par suite de même parité, d'où résulte immédiatement la proposition susénoncée.
Des considérations toutes semblables s'appliquent au cas où F [x)
est une série ordonnée suivant les puissances décroissantes de Xy et encore à celui où F(a7) est une série procédant à la fois suivant les puissances croissantes et suivant les puissances décroissantes de la variable.