ABA
TBT'a;
le troisième, quinze,
ABA'. a. TBT'.
AEA'. a'. ZE'Z';
le quatrième, trente et un. Il faut chaque fois doubler le nombre des strophes, et ajouter une unité au total obtenu. Cette unité représente la mésode principale, à laquelle rien ne répond. Eschyle s'est sagement arrêté à un groupement intermédiaire. Le second degré eût été trop mesquin : il jugea sans doute que la majesté de YOrestie demandait une plus vaste ordonnance. D'un autre côté, il recula devant l'inextricable enchevêtrement du quatrième. Un Commos de trente et une strophes aurait formé un poème dans un autre poème : l'harmonie générale de la tragédie aurait été faussée. Le dessin qu'il a choisi, composé de l'étroite association de quinze parties diflerentes, n'atteint pas à des dimensions disproportionnées, et il pouvait encore distinguer toutes les mésodes les unes des autres par des changements de rythme et de personnages.
Il est certain, en effet, que les strophes centrales BB',EE' étaient chantées, tandis que le joueur de flûte accompagnait la récitation de a, p, a'» Voilà pour le débit extérieur. Si l'on va au fond des choses, et si l'on regarde de près la trame des pensées qui se déroulent et s'enlacent dans toutes les unités lyriques, on découvre sans peine que les trois systèmes anapestîques ont une importance capitale: placés au milieu de ces fils, qui rayonnent en tous sens, ce sont les points de jonction, les nœuds où ils s'entrecroisent.
t. SchemedclaMottodied'Électrc, Eurip., Electre, i i2-i66.Voirlechàp. VI,p. 274sqti. >t Schcmd du Trio alterne des Trachiniennes, ioo5-io43. Voir lechap. V, p. 225 sqq»
Je laisse de côté les mésodes lyriques. Il serait aisé cependant de montrer que les strophes et antistrophes A A' , TT', AA', ZZ' expriment des pensées similaires, et que celles des mésodes BB', EE' leur sont opposées ou les rectifient ^ Ces dernières sont attribuées à l'orchestre. Les couples de strophes, dont elles séparent les éléments binaires, appartiennent à la scène.
Les anapestes se détachent de l'ensemble avec un relief beaucoup plus accusé. Les ChoéphoreSy seconde pièce de la trilogie, nous montrent quelle a été la punition des meurtriers d'Agamemnon. Chacun des systèmes revient sur cette idée mère avec une insistance calculée. Dans le concert des autres strophes, elles font toujours entendre la même note grave.
Oreste et Electre invoquent les mânes de leur père : les flammes du bûcher n'ont pas anéanti son àme; ils la supplient tour à tour de venir à leur aide, et d'écouter leur voix gémissante. Cet accord de plaintes douloureuses est interrompu par la voix du coryphée. Il prédit déjà la punition des coupables : si les enfants de son roi chantent un thrène sur le tombeau paternel, ils pourraient bien, avec l'aide de la divinité, y entonner un jour un Péan».
Ceux-ci regrettent ensuite qu'Agamemnon n'ait pas péri avec gloire
sous les murs d'Ilion : il serait aux enfers même un prince auguste.
La mort ignominieuse qu'il a subie à son retour convenait plutôt
à ses vils meurtriers. Le coryphée ranime encore une fois l'espoir
d'Oreste et d'Electre. Ils doivent et ils peuvent venger sans péril
la mort de leur père, car Egislhe et Clytemnestre, souillés du sang
de leur victime, sont condamnés d'avance et abandonnés des dieux 3.
C'est là une pensée d'une extrême importance dans la conduite de la pièce. La possibilité de la vengeance entraînera bientôt son exécution. Aussi les lamentations sont-elles laissées de côté. On pense au châtiment des coupables ; on le souhaite ; on supplie les dieux de le hâter. La mésode antistrophique porte le dernier coup aux meurtriers.
î. Cf. E. von Leutsch, Grundriss za Vorlesangen ûber die Griechische Metrik, i84i, Gôttingen, p. 253, noies.