Oreste, 1218 sqq
2. Mais, dira-l-on, le théâtre actuel de Dionysos n'est pas celui sur lequel ont été jouées les pièces d'Eschyle, de Sophocle et d'Euripide. — Ce passage cependant est une preuve certaine que le théâtre primitif avait la même orientation. D'ailleurs, dans les ruines du théâtre actuel, on a retrouvé quelques vestiges d'un orchestre circulaire, construit vers la fin du vi* siècle, et la cavea subsistante est à peu près dans l'axe de cet ancien orchestre. Voir O. Navarre, Dionysos, Étude sur l'organisation matérielle du théâtre ancien, p. 72 sqq. — Comparer aussi l'Épiparodos de VAjax, d'où l'on peut tirer les mêmes indications topographiques.
3. Ceci peut être pris au pied de la lettre. Les spectacles commençaient dès le lever du jour. Les textes qui le prouvent sont cités dans le Lehrbuch d'A. Mûllcr, p. 3o2.
4. C'est au coryphée que sont attribués les vers 12G8-1270, 1278, 1274 et non aux parastates, comme le marque Nauck. Autrement, les règles de correspondance antistrophique seraient violées. Le Marcianus se trompe sur ce point.
le coryphée n'a même été inventée par Euripide que pour conserver cette régularité. Il fallait que ce personnage chantât deux dimètres dochmiaques ' qui fussent opposés à ceux qui lui sont attribués après le premier couplet du deutéragoniste. Il fallait aussi que l'expression même des terreurs de la fille d'Agamemnon a répondit à l'ordre qu'elle donne au chœur pour les éviter 3.
Autant donc la première moitié du thrène est régulière, autant la seconde est asymétrique. La construction de Sophocle, où l'épode n'est jamais employée^, a subi une forte secousse, qui en disjoint les éléments. Sûre que personne ne viendra, Electre va écouter à la porte du palais, pour tâcher de savoir ce qui s'y passe. Ce sont les mouvements de l'acteur, immobile jusqu'ici au milieu de la dispersion parallèle des choreutes, qui ont amené le poète à changer la forme extérieure de son Commos. On touche au moment suprême. L'impatience, l'angoisse, le désespoir s'entrecroisent et se contrarient dans l'âme de la fille d'Agamemnon. Enfin les cris d'Hélène retentissent. Les parastates les ont entendus. Electre, dans un élan passionné, supplie Zeus d'aider Oreste et Pylade, et quand la victime, près de succomber, appelle Ménélas à son secours, la jeune fille, dans une joie fébrile, çntonne l'hymne final, dont la métrique saccadée et pleine de brèves rappelle comme toujours celle des Monodies^.