‹ Théorie des formes lyriques de la tragédie grecque [microform]Chapitre 16 sur 250 · C'est là du moins l'opinion la plus vraisemblable · texte numérisé non relu

C'est là du moins l'opinion la plus vraisemblable

PARTIES LYRIQUES DE LA TRAGEDIE GRECQUE

rieur du palais. Il faut bien se garder de confondre leurs cris avec les strophes orchestiques » .

Elles étaient un élément organique du poème auquel elles avaient donné naissance, mais elles perdirent de leur importance chaque année, parce que la vie de la tragédie se concentrait de plus en plus sur la scène. Aristote recommanda, non sans raison, qu'elles fussent rattachées au sujet par un lien étroit». Eschyle et Sophocle n'ont jamais négligé cette règle. Les légendes d'où l'on tirait les tragédies étaient une matière flexible que chacun modifiait à sa guise. Cette souple draperie offrait aux regards l'harmonieux groupement de ses plis et le reflet changeant de ses nuances. Les Stasima étaient, pour ainsi dire, les points d'attache .qui servaient à la disposer.

Euripide, sans négliger autant qu'on l'a prétendu 3 le précepte d' Aristote, paraît cependant ne s'y être conformé qu'avec peine. Le peu d'intérêt qu'ofl'rent trop souvent ses Stasima n'est pas toujours un défaut qui lui soit imputable. Les maximes et les réflexions qui leur conviennent ne sont supportées du public qu'autant qu'elles le frappent pas leur originalité. Après Eschyle, tout était dit; Euripide venait trop tard, il fallait trouver autre chose. Ses efl'orls ont été réels. S'il n'a guère réussi et si l'intervalle qui le sépare de Sophocle, son rival, est considérable, c'est que son esprit philosophique le portait invinciblement vers l'étude de l'àme humaine, de ses soufi'rances et de ses faiblesses. Les vers récités étaient le véritable instrument qui convenait à ces analyses. Quand elles s'élevaient jusqu'à la passion tumultueuse, il se servait du chant monodique. En aucun cas les strophes de l'orchestre ne pouvaient être employées.

Ce n'est pas une raison pour lui attribuer l'invention des Embolima. Il faut les laisser à Agathon. Ces sortes d'intermèdes musicaux, que l'on plaçait où l'on voulait, ne paraissent pas lui avoir été connus^.

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