Cf. H. Gleditsch, Metrik, p
a. Poétique, XVIII, i/i56 a, aS sqq. Cf. Horace, AdPisones, igS-S.
3. On a trop généralisé la critique d' Aristote. M. Decharme s'est élevé contre celle injustice. Il a analysé le rôle du chœur dans les lrafi:édies d'Euripide, et montré que les chants orchesliques qui se désintéressent du drame sont l'crception. Voir le chapitre V, p. 4aa-/*66 de son livre sur Euripide et l'esprit de son théâtre, Paris, Garnier, iSgS.
4. Le Stasimon II de VHéVene, i3oi-i368, n'est probablement pas d'Euripide. Wilamowilz retranche ce chœur de la pièce. (Analecta, p. 57.) C'est aussi l'opinion de M. Decharme, op. cit., p. 461, a.
On sait qu'ils se multiplièrent dans la suite. Le chœur, qui contribuait lui-même à se rabaisser, ne jouait plus en les chantant son rôle d-acteur. Les Romains, plus pratiques, les remplacèrent dans la Comédie par un air de flûte.
/3) LES IIYPORCHÈMES ET LES PÉAXS.
Les Épisodes n'étaient pas toujours séparés par des chants lyriques, pendant lesquels le chœur dansait la tranquille Emméleia. Qui le prétendrait, assignerait à la tragédie un caractère uniforme qui na iamais été le sien. Elle a beaucoup emprunté aux formes voisines du hrisme grec, que l'immensité de son domaine et la multiplicité de ses besoins la forçait à s'assimiler. Tout ce qui pouvait lui être utile est venu grossir sa richesse. C'eslainsi qu'il faut compter entre autres acquisitions les Hyporchèmcs et les Péans. Aristote n'en parle pas. Ce n est pas une raison pour nier qu'elle les ait employés. Ils sont rares, il est vrai, mais certains lecteurs plus attentifs ont bien su les découvrir. Le scholiaste de Sophocle, pour ne citer que celui-là. remarque expressément que le chant du chœur placé après le prenner Lpisode des Trachiniennes n'était pas un Stasimon ordinaire-. Muff» y voit un Hyporchème; le refrain fi. li. Ila.ivî semblerait plutôt indiquer un Péan. L'antiquité ne savait pas toujours quel était le caractère particulier de chacun de ces poèmes, et Plutarque s'élevait déjà contre ces confusions. Si pour les distinguer on hésitait de son temps, peut-être serai-je excusable d'y renoncer le plus souvent.
Le Péan et l'Hyporchème. inventés tous deux par le Cretois Thaletas4. se ressemblaient beaucoup si l'on ne considérait que les paroles. « Dans l'exécution, au contraire, les différences étaient sans doute
aTàotixov àU' 'Jizo xr.; r,5ovr.; opxouvxai. Cette danse a>au comme le texte l'indique.
a. Chorische Technikdcs Sophokles, p. 39 et 197-
populaires, et qu'ils en firent une œuvre d'art.
FORMES LVRIOLES DE LV TUAGEDIE GUECQLE.
assez tranchées. La danse, accessoire dans le Péan, était essentielle dans l'Hyporchème ^ »
Si nous rapportons ce que dit Lucien ^ du débit de l'Hyporchème ordinaire à ceux que l'on rencontre dans la tragédie, il est naturel d'admettre qu'ils se jouaient de deux manières différentes. Tantôt le chœur chantait comme dans le Stasimon, mais la danse qui accompagnait les vers lyriques n'était plus l'Emméleia. Elle avait plus de vivacité et d'animation. Athénée nous dit qu'elle était aussi enjouée que le Cordax3. Tantôt le chœur se divisait en deux parties : l'une dansait, l'autre chantait. L'essoufllement et la fatigue causés par ces mouvements agités empêchaient ceux qui s'y livraient de chanter comme les autres. Muff ^ suppose que les choreutes silencieux dansaient alors en suivantlamesure du chant du coryphée, qu'accompagnait l'instrumentiste.
On trouve surtout ces Hyporchèmes chez Sophocle. Ils ont presque tous un caractère commun, qui aide à les découvrir. Placés avant la catastrophe, qu'ils précèdent souvent de quelques instants, ce sont des chants joyeux que le chœur exécute sans aucun pressentiment du malheur qui va fondre sur lui. Je rappellerai celui de VAjax^y où les matelots de Salamine, induits en erreur par les paroles de leur maître (jui va se tuer, s'imaginent qu'il a renoncé à sa colère contre les Atrides, et, tressaillant d'allégresse 6, invoquent en dansant Pan et Apollon. Le spectateur prévoit trop bien ce qui doit arriver, pour ne pas être attristé en son àme de cette exaltation. Cette joie le fait souffrir, et cette aveugle conQance le remplit de pitié 7. Le contraste entre les sentiments de l'orchestre et ceux du théâtre est cherché. L'habileté du poète consiste à s'adresser au public par une voie détournée, et à le faire juge du peu de fondement qu'ont souvent les joies auxquelles il se livre. Je ne sais pourtant si dans certains cas cet
I. A. Croisel, lUst. de la Utt. Qrecque, II, p. 27/1. — Celte danse est mentionnée dans les Hyporchèmes suivants: Ajax, 693-718, v. 700; Antigone, iiiô-iiS^, V. 1167, iioo sqq.
a. Il£p\ opxr,<T£(D;, 3o. Ed. Jacobilz, Tcubncr, 1880-8.
3. Athénée, XIV, 63oc: t;ô' 07copxv)[AaTixY^ tyj y.o)|xtx/; oixeioOtati ^irt; xotAsitai xopoaV iraiY>»i(oÔ£i; ô'statv àfx^ÔTSpai.