I. Phéniciennes, i
1. A: 1042-6: cinq et quatre dochmiaques. — B: io47-io53 : on commence par deux tclrapodies iambiques, suit un vers de trois membres, dont le dernier est régulièrement iambique. (Cf. Wilamowitz, Herakles, Text und Commentar, p. 235.) On continue par trois doctimiaqucs et un spondée. —- F : io54-G : un télramètre iambique calaleclique ; il est suivi d'un vers, formé comme le io5o, et l'on termine par un dimètre dochmiaque. — A : 1067-04 : strophe dochmiaque. — E : 10G5-71 : quatre tétrapodies iambiques catalectiques, suit un vers de même valeur rythmique que le io5o; deux dimètres dochmiaques. — Z : i07'2-8o : un tétramètre iambique, suivent quelques logaédiques et trois dimètres dochmiaques. — H : 1 081 -85 : un trimètre iambi* que, deux éléments logaédiques et deux dimètres dochmiaques.
2. La Parodos de VOreste, 140-207, peut en être rapprochée. C'est presque le même sujet; la forme seule diffère légèrement, bien que dans les deux cas les x6(x[xaTa soient toujours en assez grand nombre.
212 formes lyriques de la tragédie grecque.
Hélène: 33o — 385'.
A : Hélène. Chœur. H. C. H. G 33o-347
B r H. C. H. C • ôUo-ooi
Nauck, qui suit G. Hermanna, croit que la première partie de ce thrène est antistrophique. 11 est obligé d'admettre une lacune à un endroit où les idées ne sont pas interrompues. D'un autre côte, Rossbach et Westphal font remarquer que les iambo-trochées des Commoi ou des Monodies euripidéennes forment toujours des jjt-éXrj àxc- A£Au(jiva-^. On a encore été induit en erreur par la similitude des périodes lyriques.
Hélène, conseillée par le chœur, va demander à la prophétessc Théonoé si son époux est encore vivant. Elle augure mal de Tavenir. Le coryphée la réconforte. En quittant la scène, elle ne peut s'empêcher de déplorer dans une sorte de Solo le sort de Troie et celui des Grecs, qu'un vain fantôme a perdus. Cette fin surtout paraît défectueuse. Rien n'est plus monotone que certaines plaintes verbeuses des héros d'Euripide. Ils font des antithèses et se plaisent, comme dans un bégaiement, à répéter leurs mots. Ces misérables artifices agacent le lecteur, qui dans ce flux de paroles et cette stérile abondance cherche en vain quelque idée touchante ou originale. Tout le lyrisme de l'Hélène, à part le Chant de reconnaissance, est d'ailleurs d'une banalité qui sent la décadence 4. L'extraordinaire aventure que le poète y raconte suppléait sans doute auprès du public à cette pauvreté.
1. A. B. r : iambo-trochées. Cf. R. et W., op. cit., p. 3i4 sqq. — r cependant n'est iambo-trochaïque que jusqu'à 37A ; le reste est dactylique. Or, les chajits dactyliqucs des acteurs d'Euripide sont faiblement écrits. Comparer la Monodie de Pelée dans VAndromaque, et surtout celle d' Antigène dans les Phéniciennes. Infra, chap. VI, p. 272 et p. aga sqq. La règle est à peu près invariable. « a. Édition de 1887.
3. Leur opinion est partagée par Pflugk-Klotz, Kirchhoffct Fix. Voir leurs éditions.
4. La dissolution des temps marqués produit ces séries de brèves qu'Euripide semble rechercher. Cf. v. 348 sq., suite de quinze, v. 364 sq., suite de vingt-quatre brèves : iroXÙ ôè ftaxpuov, à/eà T'àxe<Ti ôdtxpua ôàxpuuiv eXa^e Ttcxôsa. Chaque groupepement est trissyllabique. Le chant de l'acteur devait ressembler à un gazouillement d'oiseau. Les mots en eux-mêmes ne signifient presque rien. Cf. supra, p. i3o.
LES COMMOI.
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Bacchantes : 676 — 6o3 * .
A : Dionysos. Choeur. D. C 576-98
Dionysos appelle à lui les Bacchantes. Il est invisible derrière la scène. Le chœur accourt à sa voix, la terre tremble et le palais de Penthée s'écroule.
Iphigénie a Aulis : 147 5 — i53i'.
A : Iphigénie 1475-99
B : Chœur. Ip. Ch. Ip i5oo-i5o9
r : Chœur i5io-3i
On s'éloigne de plus en plus du type primitif. Iphigénie, avant de quitter le théâtre et de marcher à la mort, chante une sorte de Monodie 3 que suit un dialogue lyrique entre la scène et l'orchestre. Le thrène se termine par une longue série d'iambo-trochées, qui accompagne la sortie de la jeune fille et se continue quelque temps après qu'elle s'en est allée. Malgré une ressemblance frappante entre les débuts de ces deux chants scénique et orchestique, il est certain qu'ils ne se répondent pas 4.
Il me reste à mentionner le seul thrène de Sophocle qui ne soit pas antistrophique.
Traghiniennes : 879 — 895 5.
I. A : xûXa logaédiques, tro'chaïques et iambiques. — B : dactylo-trochées. On peut étudier la scansion détaillée de ce thrène dans une Étude sur la constitution rythmique et métrique du drame grec, publiée par M. Dufour, dans les Travaux et Mémoires des Facultés de Lille, t. III, mém. lo, 1898, p. 62 sqq.
a. A. B. r : iambo-trochées; cf. R. et W., p. 3i8.
3. V. 1477 sq. : suite de dix-huit brèves : tr-zi^eoL uepi'êoXa ôiSoxe çepexe* 7cX6xa|Jioç oôe...
4. Voir l'édition de H. Weil. — G. Hermann et Nauck considèrent ces vers du chœur comme l'antistrophe de la Monodie d'Iphigénie.
5. Pour la scansion, suivre Gleditsch, Cantica, p. 142 sqq. Le texte de ce métricien n'est pas celui des éditeurs. — Comparer Schmidt, Die antike Compositionslehre, p. CLII sq. — Au vers 89a, le bacchiaque (Ta?r,vYj de la nourrice répond à ti çwvsÎ;; du chœur. Cf. Sop., Electre, 1279; Electre : ^yvaiveî;; Oreste : xi jxtiv ovi — Voir la dissertation déjà citée de Bally, p. 10.
LES COMMOI.
La nourrice annonce au chœur des jeunes filles de Trachis la nouvelle de la mort de Déjanire. Celles-ci lui demandent comment a péri la malheureuse.
Il est fort difficile de préciser le mode de composition auquel appartient ce Commos. Le manque d'équilibre anlistrophique le rapproche de ceux d'Euripide qui précèdent » , mais on ne comprend pas que des vers lyriques du chœur et de l'acteur soient coupés de trimètres que nos manuscrits et nos éditions attribuent indistinctement à l'un et à l'autre. Une pareille irrégularité, qui ne se trouve qu'en cet endroit, est fort choquante. Ce thrène doit être entièrement chanté, ou l'un de ceux qui y prennent part ne doit réciter que des iambes. La confusion actuelle du chant et du débit mélodramatique ne semble pas tolérable, et j'admettrais volontiers, avec G. Dindorf, que le texte a subi des remaniements qui l'ont profondément altéré.
Ce fut donc surtout pendant les dix dernières années de sa vie qu'Euripide osa employer la forme thrénétique que je viens d'étudier. Comme l'irrégularité qui la caractérise l'emporte sur celle qui la précède dans ce livre, il est naturel qu'elle soit venue après elle. Or, dans le genre libre, la construction épirrhématique se rencontre pour la première fois en 425 ou 424, avec VHécube, et les thrènes entièrement chantés apparaissent quelques années plus tard, dans l'Héraclès, et surtout à partir de 4i2.