Ibid
3. A : 764; cf. Fix: un dimètre dochmiaque, précédé du crétique aufiçopàç. — Le texte de A. Kirchhoff, bien que différent, peut aussi être approuvé. Creuse ne laisse pas au pédagogue le temps de finir son trimètre. Elle chante un dochmiaque, précédé d'un crétique : ti TdcXaiv' èyà) (Tvipiçopà;. — B : 766-8 : trois dochmii précédés de deux exclamations dissyllabiques de mesure douteuse. — F : 76g : tripodie dactylique cataleclique. — A : 770 : idem. — E : 776,7 : trois dochmii. — Z : 782-3 : trois dochmii. Il manque une brève au second. Dindorf: tiv'. — H: 789-91 : cinq dochmii. Il faut écrire eXaê' avec Schmidt. — 0 : 796-8 : cinq dochmii ; le dernier est précédé d'une tripodie trochaïque catalectique, qui n'est pas autre chose au fond qu'un dochmius, dont la première partie est à contretemps; cf. Christ, Metrik, p. 44 1 sq.— a, p, y: fragments de trimètres. ô. e. ;. yj : doubles distiques.
un monomètre doclimiaque. Fix paraît avoir trouve la vraie solution. Le premier vers, qui est récité, est ainsi coupé dans son édition :
KP *'Q\i.Gi Ôivoi[ji.'.. nAI.GÛYaTcp. KP. 'Û TaXatv' èyw.
Le thrène commence après ce trimètre. Sa régularité est parfaite, bien que le type primitif aille toujours en s'altérant. C'est la première fois que les épirrhèmes sont formés tantôt de fragments de trimètres, tantôt de doubles distiques récités par la scène et l'orchestre. Néanmoins l'alternance essentielle. des vers lyriques et des iambcs est toujours maintenue avec soin.
Iphigénie en Tauride : 643 — 56».
A : Chœur, a : Oreste. B : Chœur. ^ : Pylade.
Weil et Nauck regardent ce thrène comme antistrophique ; chez Kirchhoff et Schmidt, il est asymétrique. Je suis de l'avis de ces derniers. Si l'on veut que la seconde strophe réponde à la première, il faut admettre qu'un crétique est tombé après pavbi. En second lieu, si un tel équihbre existait, le trimètre de Pylade répondrait fort difficilement à celui d'Oreste. Dans le thrène épirrhématique eschyléen, dont on aurait une copie d'autant plus improbable que cette tragédie a été composée après 4i5, le personnage qui récite les ianibes n'est jamais remplacé par un autre: il est toujours seul. Enfin la strophe finale ne pourrait être considérée comme une épode, puisque dans de telles constructions, il n'en est jamais fait emploi.
Je ne veux pas dire par là que cette forme lyrique ne se rattache i^s à celle qui plaisait tant à Eschyle. Dans le développement extérieur (Te la tragédie, tout s'enchaîne et se suit logiquement. Euripide a donc gardé l'alternance régulière du chant et de la récitation modulée; seul l'équilibre des vers lyriques et des iambes a été abandonné.
I. A : 643-5: un dimèlrc dochmiaquc. Ce qui suit est iambiquc. Si l'on veut qu'après pavtffi il manque un crétique, on peut accepter la correction de H. Weil, qui parait plausible. — B : 647-9 • "" dimctre, un mononièlre dochmiaques, suivis d'une tripodie iambique. — V : 65i-6 : un monomètre doclimiaque, une tripodie iambique, quatre syllabes longues de mesure douteuse, une tripodie iambiquc catulcctiquc et deux dimètres dochmiaques.
LES COMMOI.
Bacchantes : io3i — io4a '.
A : Chœur, a : Messager. B : Chœur, p : Messager.
Le messager vient d'annoncer la mort de Penthée. Le chœur des Bacchantes reconnaît dans cette mort l'œuvre du puissant Dionysos et il se livre à la joie, au grand scandale de son interlocuteur.
Il n'est pas certain, comme semblent le croire la plupart des éditeurs, que le vers io36 ne nous soit pas parvenu tel qu'Euripide l'a écrit. Le chœur peut très bien ne pas laisser le messager réciter en entier un monostique. Dans ces sortes de chants, on a commencé par intercaler entre les strophes des trimètres entiers, puis des fragments de ce vers. Le sens est satisfaisant avec les quatre iambes que les manuscrits attribuent à l'acteur.
Ainsi quoique appartenant à la dernière tragédie d'Euripide, ce Commos est encore régulier : l'acteur récite quelques iambes, après chaque couplet du coryphée, et ne chante pas une syllabe.
La règle n'a été qu'une seule fois violée dans un passage des Phéniciennes. Créon est en scène. Il a rapporté dans ses bras le cadavre de son jeune fils Ménécée. Un messager survient à l'improviste qui lui annonce, dans un monostique, la mort de ses deux neveux, Étéocle et Polynice. Suit alors le Commos dont voici le dessin :
Phénicie^?ïes : 1 34o — 1 35 1 ' .
A : Créon. a : Chœur. B : Créon. p : Messager. Chœur. Messager. r : Chœur.
1. A : io3i. Nauck propose : Bpôpii 'ava$, Osbc <rù çaivsi filyac Weckleîn : "AvaH, w Bp6- |xis- Osb; çai'vei fiéya;. De quelque façon que l'on relouche le texte, il faut rétablir le dimètre dochmiaque. — B : io34-5 : deux dimètres dochmiaques. — r : 1037-8, le texte doit encore être corrigé, car malgré Schmidt, Monodien, LXXII, il n'est pas possible que le mot Aiovuaoç ait deux quantités différentes, surtout s'il est répété. Wecklein propose : ô Aiivudo; ô Aib; uat;, oO OrjSai, mais la règle de Weil serait violée. Je préfère donc le texte de Dindorf : ô Ai6vu<to; 6 Aïo;, oOxéti 0r;6ai. On a de toute façon un dimètre et un monomètre dochmiaques. — A : 1041-2 : deux dimètres dochmiaques. — a : un distique iambique. — p : une tétrapodie iambique. — y : un distique iambiquc.
2. Dimètres dochmiaques et trimètres iambiques. Seul le vers i35o, où le coryphée ordonne au chœur de se lamenter, quand le messager vient d'annoncer la mort de la sœur de Créon, est un dimètre iambique. — a : un trimètre. — p : trois trimètres.
LES COMMOI.
Créon, qui chante la première et la deuxième strophes, devrait aussi chanter la troisième. On ne peut cependant pas la lui attribuer. Le coryphée seul a le droit de donner des ordres aux choreutes.
La raison de cette substitution est encore visible. Aussitôt après la nouvelle de la mort d'Étéocle et de Polynice, le messager en annonce une seconde. Il s'adresse toujours à Créon : Ta sœur Jocaste, lui ditil, est morte sur le cadavre de ses deux fils :
A ce dernier coup, Créon reste muet de saisissement. Les spectateurs attendaient de lui une nouveUe strophe, mais il est si bouleversé par cette mort imprévue, que le coryphée est obligé de le suppléer. Ce jeu de scène est intéressant et mérite d'être remarqué. Créon se tait à contre-temps, et son silence plein d'accablement produit un effet tragique.
Ainsi, bien qu'au premier coup d'œil ces thrènes ne semblent présenter aucune symétrie extérieure, ils sont composés d'après une règle que l'on peut regarder comme immuable. Le personnage dont l'émotion est particulièrement excitée, est le seul qui ait le droit de chanter ; les autres doivent se contenter de la T:aprAaTaAOYYî. L'épirrhème a une longueur indéterminée; quelquefois il est composé de plusieurs trimètres, quelquefois aussi de quelques syllabes iambiques. Les strophes ont une longueur inégale, mais souvent leurs périodes rythmiques se ressemblent entre elles. Ainsi Euripide n'a conservé de la ' forme traditionnelle que l'alternance du chant et de la récitation qui en constituait l'essence.
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Cinquante ans environ après les Perses, vers 420, l'équilibre ordinaire était délaissé, mais on continua encore de se servir des thrènes entièrement chantés, parce que l'on jugea que la scène et l'orchestre traduisaient ainsi avec plus de force la violence de leurs sentiments.
Au fond, Euripide avait raison contre la tradition quand, rejetant toute symétrie, il juxtaposait les différentes parties de ses Commoi, au lieu de les accoupler. Il s'affranchissait ainsi d'inutiles entraves ; mais cette recherche d'un plus grand naturel fut contrariée par une influence regrettable. Au héros tragique se substitua bientôt le virtuose. Aussi les strophes ne furent-elles plus morcelées comme au temps d'Eschyle; elles s'allongèrent et ne tardèrent pas à ressembler aux Monodies.
Héraclès : io42 — io85 '.
A : Amphitryon. Chœur io42-5
^.Li. A. \j, A. .*.*....• IO0'y-Ot|.
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J'ai divisé ce Commos d'après l'édition de Wilamowitz^. Les strophes se distinguent les unes des autres par des changements de rythme. La partie la plus morcelée est celle qui traite des meurtres qu'Héraclès a commis dans son délire. Euripide est donc encore fidèle à la bonne tradition.
2* COMMOI ENTIÈREMENT LYRIQUES.
On a vu que l'émotion violente ne fut jamais exprimée par Eschyle et par Sophocle que dans des vers lyriques. Xerxès, à la fin des Perses, chante comme les choreutes qui lui répondent. -Ses couplets très courts sont antistrophiques*