I. y : 1371,9. Troisième antépirrhème
a. Vers 1276, page i54 de Védilion Papageorgios, Teubner, 1878.
FORMES LYRIQUES DE LA TRAGEDIE CRECOUE
exemples. Jusqu'à la fin de sa vie, ce poète n'a cessé de les employer et de délaisser ceux de l'autre genre. Ici, comme ailleurs, il parait avoir agi avec une intention déterminée et réfléchie.
Il inventa d'abord, comme dans le Gommos, une forme bâtarde, l'épirrhématique, où les trimètres, quelquefois en nombre égal, suivent chaque fois la strophe. C'était un compromis entre le procédé ancien et le procédé nouveau. La disposition est très symétrique jusqu'en 620, à tel point que certains éditeurs ont cru parfois que l'équilibre traditionnel y était encore conservé. L'erreur était facile.
Plus tard, cédant à un besoin croissant d'imitation, il altéra encore cette régularité déjà fort imparfaite.
Un ou plusieurs trimètres ne peuvent être récités par un acteur, après chaque strophe de son camarade, sans froisser le naturel ni altérer la vraisemblance. Les émotions de celui qui chante doivent se réfléchir dans l'âme de celui qui récite. Celui-ci, ému à son tour, presque autant que le premier, chantera comme lui, sur des rythmes équivalents. Le vieil Eschyle lui-même avait compris cette nécessité, puisque dans un Commos de VAgamemnon^, le chœur qui récitait des iambes s'était mis, dans la violence de sa terreur, à chanter aussi des systèmes dochmiaques, comme l'acteur de la scène.
C'est donc un des mérites incontestables de l'art d'Euripide d'avoir inventé un chant nouveau qui, épirrhématique en quelques passages, exclusivement lyrique en certains autres, traduit avec une grande exactitude les impressions momentanées que fait sur l'âme d'un personnage la passion plus violente de son partenaire. L'instrument lyrique devient si sensible, qu'il marque les moindres osciUations, les souffles les plus légers. L'ingénieux poète a tiré de l'art ancien tout ce qu'il pouvait donner, et il était impossible d'imaginer une forme plus précise. Je la placerai après la première, qui est épirrhématique, et celle qui suit, puisqu'elle tient de l'une et de l'autre.
Quelques Duos alternés, en effet, les seuls qui méritent vraiment d'être ainsi appelés, ne sont composés que de vers lyriques. Ce sont les moins intéressants de tous, parce que l'imitation y est restreinte. Leur dessin ne diffère pas de celui qu'Euripide employait dans ses