X : Ant. Péd
L'irrégularité de ce Chant est vraiment remarquable. Les épîrrhèmes sont récités tantôt par un, tantôt par deux acteurs. Une pareille construction ne viole néanmoins aucune règle. Antigone, qui chante, a le droit de se servir des trimctres, et le Gouverneur, qui récite, ne chante pas une seule syllabe. Il est d'ailleurs facile de voir pourquoi Euripide fait alterner le chant et les iambes dans la bouche de la jeune fille, tandis que tout le rôle du Vieillard est en trimètres.
Anligone, comme Hélène sur la porte Scée i, veut voir, pour en connaître les chefs, l'armée ennemie qui entoure la ville. Le Gouverneur arrive le premier au faîte du palais. Quand il s'est assuré qu'aucun ïhébain ne peut apercevoir celle dont il a la garde, il lui tend la main pour l'aider à monter. Le public entendait chanter la jeune fille, au moment où elle apparaissait à ses yeux. Ces détails de mise en scène sont gracieux et pittoresques.
Une très vive curiosité, mélangée d'une naïve frayeur, tel est le sentiment qui agite l'âme d' Antigone, quand elle vient contempler l'armée argienne, dont son frère est l'un des chefs. Il est donc naturel qu'elle commence par chanter. Au contraire, l'iambe convient au calme du Vieillard. C'est un homme circonspect, que le siège n'im-
B: 109-111 : un monomclre dochmiaquc, précédé d'une interjection dissyllabique. Suivent une Iripodie anapeslique et un monomètre dochmiaquc. — r : 1 14-6 : strophe dochmiaquc. - A: 119-122 : la clausule seule est dochmiaquc, le reste paraît cire iambiquc, sauf 1 19, qui est logaédique. - E : 127-132 : un dimètre dochmiaquc, un élément logaédique, un irimèlre iambique (àatpwTco;, Dindorf.), un monomclre dochmiaquc. i3i : irimèlre iambique, de même que i3a, si l'on écrit, avec qq. mss. que suit G. Hermann : Aoxayov; aUo;. Ces deux vers pourraient donc, ainsi rétablis, faire partie de l'épirrhème e : i33-/i, qui serait alors télrastique. — Z : i35-8: deux tétrapodies daclyliques, dont la seconde est calaleclique, suivent un monomèlre dochmiaquo et un Irimèlre iambique. - H : i45-9 : un Irimèlre iambique, une lélrapodic logaédique à trois anapestes, suivent deux monomètres dochmiaqucs, sépares par un Irimèlre iambique. — (-) : i5i-3 : une lélrapodic et un hexamètre daclyliques, un monomèlre dochmiaquc précédé d'un crélique. — I : i56-7 : un dimètre et un monomèlre dochmiaqucs. - K : 163-9 : une lélrapodic anapeslique, une tétrapodie loj^aédiquc h trois anapestes, suivent deux dimètres et un monomèlre dochmiaqucs. Un Irimèlre iambique et un dimètre dochmiaquc, précédé d'un bacchius, ou suivi d'un crélique — A: 170-8: trois dimètres dochmiaqucs. 178 est corrompu, voir la note critique de Kinkel, Phônissen, Berlin, 1871. - M : 182-92 : une interjection tlissyllabiquc, deux dimètres dochmiaqucs, un élément logaédique, une lélrapodic iambique, un dimèlre dochmiaquc, un Irimètre bacchiaque, un dimèlre dochmiaquc, un monomèlre dochmiaquc suivi d'un crélique. On termine par trois xwXa logaédiques, où les dactyles sont fort nombreux.— a: 3; pia; y: 2; 5:4; '-- 2 ou 4; J;:6 r . i; 0: 2; i: 5; X : 5; X: 3 trimètres iambiques.
I. Iliade, III, iSg-aU. — Eschyle, Sept contre Thèbeî, 375 sqq.
pressionne guère. Il est là surtout pour donner la réplique. D'ailleurs, comme Euripide cherche ici la vraisemblance, pour se donner le malin plaisir de blâmer Eschyle d'y avoir manqué, il a grand soin d'indiquer comment cet homme a appris tous les renseignements qu'il va donner à sa jeune maîtresse : il est allé au camp d'Adraste, pour porter une proposition de trêve à Polynice ; il connaît donc les Sept chefs pour les avoir vus.
Le Duo, étant donnés les sentiments des personnages, est régulier jusqu'au vers 128, où la jeune fille, qui jusque-là avait chanté des vers lyriques, emploie elle aussi, des trimètres. En voici la raison : après les effusions où Antigone peint la frayeur de son âme, à la vue des casques d'airain dont la plaine étincelle, elle passe à des interrogations précises. Elle veut savoir les noms des différents guerriers, les Heux où ils sont nés :
Tîç xéôev Y^Yt^Çi
Ce serait un contresens de faire usage des dochmiaques, le mètre des agitations vives, pour demander une réponse sur un fait précis : aussi toutes les questions véritables d'Antigone sont-elles faites en trimètres incomplets ou entiers».
Quelques phrases interrogatives peuvent cependant être chantées : ainsi quand la jeune fille, après avoir appris où se trouvent llippomédon, Tydée, Parthénopée, demande enfin où est son frère, elle chante d'abord les dochmiaques suivants :
Ucu 8'oç è{JLol jxta; èY^vex* 1% [xaipoç xoXu::6va) {jioCpa^;
puis elle ajoute le trimètre :
''û çCXxaT*, eticé, xoO' œti UoXuveixr^ç, vépov^.
La première partie n'est pour ainsi dire pas une question. Notre ponc-