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LES CHANTS ALTERNES DES ACTEURS
tuation fausse le sens. L'idée principale exprimée par Antigone sous forme interrogative, c'est qu'elle est, malgré cette guerre impie, la sœur de Polynice. Son chant contient un gémissement sur ce frère né de Jocaste et d'Œdipe comme elle. L'infamie commune de leur origine, les querelles domestiques qui ont éloigné du foyer ce frère si malheureux, le lui rendent encore plus cher. Il y a des larmes dans sa voix quand elle commence à parler de lui. Au contraire, le trimètre iambique n'est qu'une simple interrogation.
La suite des idées est encore interrompue brusquement entre les vers 162 et i63, où Antigone passe des vers ordinaires au chant précipité des anapestes et autres rythmes. La sœur aperçoit son frère; il est loin; elle a peine à le distinguer:
IIAI. *Opaç; AN. cpû ctjT' ou caçûç, ôpû H 7:a)ç lAopçYJç Tuira){ji.a aiépva T'èÇYjxaajJLéva » .
Dès qu'elle est sûre, après quelques hésitations, de l'avoir découvert, son amour fraternel éclate avec toute l'ardeur de la jeunesse. Comme un nuage que le vent emporte, elle voudrait aller se suspendre au cou de Polynice et l'embrasser : le rythme traduit avec une merveilleuse exactitude cet élan passionné :
'Av£[j.wx£Oç ei'ôe cpéjxov veçéXaç ircdv è^av'jaaijj/. ci'atOépcç Tzç>oz ^l^'bv 6[xoYev£Topa, irepl S'wXévaç cépa çiXiaTa pàXci[;.i X?^''*î* çuY^^* lAéXeov^.
Après cette exaltation, elle tombe 3 un instant dans une admiration naïve à la vue de ses armes d'or, et finit par une comparaison brillante 4 entre féclat qu'elles jettent et celui du soleil à son lever.
Ainsi nous arrivons de plus en plus à un art nouveau, dans lequel le poète cherche moins la symétrie que la vérité. Pareil sujet avait été traité par Eschyle, avec la couleur épique qui lui est particulière,