Mcnodie de Pélce dans V Andromaque
LES MONODIES
de les distinguer l'une de l'autre, surtout si la Parodos est de construction libre. C'est ainsi que j'ai regardé le couplet final d'Antigone dans l'Œdipe à Colone^ comme une véritable Monodie, bien qu'elle ne soit pas très nettement séparée de ce qui précède. J'ai suivi l'usage général. D'ailleurs la fille d'OËdipe se tait pendant le dialogue lyrique de son père et des choreutes^. Les vers que Sophocle lui fait chanter après ce long repos, contiennent une prière qu'elle adresse aux vieillards de l'orchestre. Cette supplication forme un tout dont le rythme et le style semblent trancher avec le reste.
Il faut pourtant reconnaître que la fin des Commoi et des Chants alternés, surtout s'ils sont asymétriques, ressemble beaucoup aux vraies Monodies 3.
Toutes ces parties de la tragédie étaient chantées par des acteurs. La musique y avait plus d'importance que dans le Stasimon, et, conséquence nécessaire d'un pareil changement, le style perdait de sa précision et de sa justesse.
Ces défauts ne déparent pas au même degré tous les Solos scéniques. Il faut distinguer avec soin ceux qui sont encore anlistrophiques, de ceux qui ne le sont plus. Ces derniers sont souvent médiocres; les autres leur sont en général fort supérieurs. Aristote lui-même, s'il est l'auteur du texte qui suit, fournit la raison de la différence.
Il résulte en effet du quinzième Problème du XIX* livre, souvent traduit et commenté 4, que les Chants de la scène ne sont pas réguliers quand ils visent à l'imitation. Or, il faut chercher cette imitation moins dans le texte que nous possédons, que dans la musique qui l'accompagnait. Sans doute elle est perdue, mais la métrique nous en conserve au moins le rythme.
De même que les chants des acteurs dans les Nomes, chants imilatifs, eurent une forme libre, de même le Dithyrambe, dès qu'il tendit au même but, rejeta tout équilibre. La tragédie agit de même, quelque temps après, dans ses Chants de la scène, tandis qu'elle