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PARTIES LYRIQUES DE LA TRAGEDIE GRECQUE
les affections diverses dont ses accords renforçaient l'expression. Le Commos, par sa nature même, devait être inconstant et fluide, puisque les sentiments qu'il traduit ont entre tous, à cause du trouble qu'ils causent, un caractère indécis et irrégulier.
L'intensité de la passion intime, toujours mobile, s'accusait dans les souples contours du poème avec une précision exacte. On en trouvera plus loin des exemples d'une ingéniosité surprenante. La récitation simple, usitée dans les trimètres de l'Épisode, ne suffisant plus, même aux moins émus des personnages de la scène ou de l'orchestre, faisait place au chant lyrique et à la récitation accompagnée. C'étaient les deux instruments dont les poètes mariaient le jeu sans aucune confusion. Celte alternance, parfois fort compliquée, donna, surtout dans la première moitié du v siècle, un dessin d'une économie savante, qu'on a plaisir à retrouver. Plus lard, on s'appliqua au contraire à le simplifier. Je tacherai de marquer la raison de ce changement.
A toutes les époques pourtant, sauf dans les cas où la passion était dans toute sa véhémence, les Grecs conservèrent cette alternance du chant et de la ^rapaxaTaXo^Y;. Ils évitaient ainsi cette impression légèrement désagréable que nous ressentons dans quelques-uns de nos théâtres, quand un acteur, sans aucune transition, parle à un autre acteur qui vient de chanter. Si, d'autre part, la progression était ascendante, le débit mélodramatique lui-même cédait peu à peu la place au véritable chant lyrique.