‹ Théorie des formes lyriques de la tragédie grecque [microform]Chapitre 23 sur 250 · LES CHANTS DE LA SCÈNE · texte numérisé non relu

LES CHANTS DE LA SCÈNE

J'arrive aux parties lyriques usitées surtout dans la tragédie d'Eu* ripide. Aristote les appelle vaguement des Chants exécutés du haut de la scène: -rà àizo Tijç (jxr<vîîç«. Il est rare que le chœur y participe.

I. Quelque opinion que Ton puisse avoir sur la conformation des théâtres où ont été jouées les tragédies d'Eschyle, de Sophocle et d'Euripide, je crois que l'orchestre était en contre-bas par rapport au Xoyeîov. L'expression d'Aristote et celle de rauteui* des Problèmes me semblent le prouver d'une façon certaine. Je crois aussi que Torcbestre, quelle que fût sa disposition, était le lieu réservé aux évolutions des choreutes, mais qu'ils en sortaient en certains cas et montaient sur la scène. » Il est absolument

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L'auteur des Problèmes nous donne sur eux un renseignement utile, que l'on a beaucoup commenté : « Ils ne sont pas antistrophiques, comme ceux du chœur. C'est que l'acteur est un artiste, qui imite la nature, ce que fait moins le chœur». » On pourrait donc croire que ces chants sont tous asymétriques: à7:oAeX'j[j.£va. Il n'en est rien. Il suffît pour l'instant de noter ce témoignage, sur lequel je reviendrai. Ces parties lyriques sont de deux sortes. Je les étudierai à part, parce qu'elles n'ont presque rien de commun. Ce sont les Duos ou Trios alternés, et les Monodies d'acteurs.

ce) DUOS, TRIOS ALTERNÉS.

Très rares chez Eschyle et Sophocle, ces sortes de chants sont assez fréquents chez Euripide. Sa première tragédie conservée en contient déjà un exemple remarquable, et cependant on n'en trouve aucun dans ses deux dernières, ce qui n'est peut-être pas imputable au seul hasard.

Ce que nous appelons de nos jours un duo ou un trio diffère essentiellement de ceux de la tragédie grecque. Souvent, en effet, les acteurs chantent ensemble sur nos théâtres. Le plaisir qu'on éprouve à les écouter vient moins du sens de leurs paroles, qu'on n'entend guère, que des harmonieux accords produits par leurs voix différentes. Les O^îoxpiTai du théâtre de Dionysos, au contraire, chantaient presque toujours les uns après les autres. Le mot à\j.oi6xXa.^ dont se servait la critique ancienne, pour désigner leurs Duos, est le seul qui convienne à la manière dont ils les exécutaient. Les paroles pouvaient encore être comprises aisément des auditeurs. L'auteur ne sacrifiait pas, comme la plupart de nos librettistes, le texte à la musique. Celle-ci resta toujours sous la dépendance de la poésie. Ces Chants scéniques le prouvent, puisqu'ils sont un des plus beaux ornements des pièces à reconnaissance 2.

nécessaire de l'admettre, sans quoi le texte actuel des tragédies grecques est incompréhensible dans une foule de passages. — Toutes ces questions sont, comme on le sait, très discutées aujourd'hui en Allemagne; en attendant que la lumière soit faite, je conserve les idées anciennement admises et ne veux pas les bouleverser. Voir d'ailleurs à ce sujet le livre récemment paru de M. 0. Navarre, Dionysos, Étude sur l'organisation matérielle du théâtre athénien. Paris» Klincksieck, iSgS. L'auteur reste fidèle, avec la plupart des hellénistes de France, à l'opinion traditionnelle.

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