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LES MONODIES
devait rester immobile. Il se reposait un mstant pour reprendre ensuite l'humble fonction qu'il remplissait chaque malin dans le temple du dieu son père.
La fin du Solo était encore chantée, mais l'équilibre antistrophique a disparu. Ion se dispose à aller chercher de l'eau à la fontaine, quand soudain, bien qu'ils aient été annoncés ', s'abattent sur le temple une foule d'oiseaux, aigle, cygne et colombes ^ Le texte rend bien la surprise d'Ion à leur subite arrivée :
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Le jeune homme saisit rapidement un arc et court à droite et à gauche pour chasser tous ces volatiles. La scène est d'un charme exquis. Jamais la tragédie n'a été si familière et si gracieuse. Les oiseaux sont d'abord effrayés et se sauvent. Mais il y en a un, plus effronté que les autres, qui ne veut pas partir. Il voltige sous la voûte du temple; il cherche quelque trou pour y faire son nid. Le discours que lui adresse Ion, pour l'engager à faire éclore ses petits ailleurs, soit sur les bords de l'Alphée, soit dans les bois de l'Isthme, est d'une bonhomie souriante. L'oiseau finit par s'en aller, sans aucun mal. Lui parti, le jeune homme dépose son arme, qui n'est pas bien dangereuse en ses mains.
Si cette jolie scène est composée de parties inégales (F. A. E. Z. H. 0.) c'est que la forme lyrique doit envelopper les faits décrits, aussi étroitement que le mot enferme l'idée. Euripide ne pouvait employer qu'une construction irréguUère. Le contraire eût été irrationnel. Une bande d'oiseaux pourchassés ne manœuvrent pas comme une troupe de choreutes.
Cet art si précis et si délicat de la composition ne tarda pas à s'altérer. On en a la preuve dans la Monodie suivante.