M. Croiset, Litt. grecque, III, p. 3o
le théâtre, en récitant des anapestes. Il décrit à grands traits ce que nous appellerions la mise en scène de la tragédie : déjà les rayons du soleil font fuir les étoiles au sein de la nuit sacrée; la myrrhe s'élève aux lambris du temple de Phoebos; on est à l'aurore».
Cette partie n'était pas chantée : l'absence de formes doriennes le prouve. Comme le coryphée de l'antique Parodos, le jeune homme n'entrait pas seul sur le théâtre. Il était accompagné d'une troupe de serviteurs du dieu, à la tête desquels il marchait. Il leur ordonne d'aller se purifier à la fontaine de Castalie. Ceux-ci lui obéissent et quittent la scène. Le jeune prêtre reste seul. Après avoir annoncé la seconde et la troisième partie de sa Monodie, il termine ses anapestes. Les derniers éléments résument très heureusement pour ceux des spectateurs distraits qui ne la sauraient pas encore, qucUe est la condition du personnage qui va se mettre à chanter :
'Qç ^àp a(xr<t(op «xaTwp ts Ycywç t
^oi6o\j 'toLohq ôepa^rejo) ».
Suit une couple de strophes. Ion balaie le seuil du temple d'Apollon avec ses branches de laurier. On sait que l'antistrophe accompagnait dans l'orchestre les mouvements des choreutes, symétriques bien qu'opposés à ceux qu'ils avaient accomplis dans la strophe 3. De même sur la scène, la répétition antistrophique accuse par sa double harmonie l'équilibre rythmique des mouvements du jeune lévite. — Mais, dira-t-on, Euripide a, contrairement à son habitude, employé ici un éphymnion^. — L'explication est facile. Ion, en chantant par deux fois, après la strophe et l'antistrophe, le refrain :
^Q Ilaiàv w Ilaïav,
I. V Electre, du même poète, commence aussi au petit jour. Cf. 54 :
"^Q vu5 (xéXatva, xpw^^^wv àdTpuv xpoçé,
êv rj t68* ayyo; twô* eçeôpeOov xdtpa... a. Ion, 109-111.
3. C'est l'opinion courante. Cf. A. MûUer, op. cit., p. aai sq.
k. On n'en trouve d'autre exemple chez ce poète que dans les Bacchantes, 86a sqq.