Oresle, i
LES MOXODIES. 287
goisse'.— Oresle, après avoir poursuivi sa victime, la saisit par les cheveux; il lui incHnc de force le cou sur l'épaule; il tire son glaive... — C'est le moment ou jamais d'interrompre. L'orchestre n'y manque pas: (( Que faisaient donc les eunuques, dit-il, où étaient-ils? Pourquoi ne portaient-ils pas secours à la reine ' ? » — Suit la réponse fmale du Phrygien que termine le récit de la disparition merveilleuse de la fille de Léda.
Un tel artifice piquait l'attention du public. La narration étant fort longue, il n'était pas superflu. Nous serions en droit de le trouver condamnable, si certains romanciers n'avaient pas encore la précaution de tenir en haleine la curiosité de leurs lecteurs, en coupant leur récit aux endroits les plus émouvants. La presse n'existait pas à Athènes en 4o8, mais la foule ne difl'érait guère de celle d'aujourd'hui.
On pourrait faire d'autres remarques sur ce morceau lyrique. Je me contenterai de noter le soin avec lequel Euripide insiste sur les mœurs asiatiques de son esclave. Le chœur, au moment où le Phrygien entre en scène, indique déjà sa nationalité. Il est bien entendu que ce n'est pas un Grec qui chante. On le répète à satiété. Il n'y a pas de doute que le mode employé ne fût asiatique : c'était le phrygien ou l'hypophrygien.