Ibid., 318-32G
LES MONODIES
la lumière du soleil i. — Puisque Polynice est revenu, Jocaste veut quitter tous ces sujets de larmes; elle s'adresse directement à lui; mais elle a appris qu'il était marié avec une étrangère, et elle n'a pu, comme il lui seyait, aUumer pour lui la torche nuptiale 2. Ainsi, bien qu'elle veuille se livrer à la joie, l'infortunée ne peut s'empêcher de finir par un regret. Sa plainte involontaire convient au ton général des Phéniciennes,
Les quatre pauses auraient pu être remplies par des épirrhèmes du coryphée ou de Polynice. Ce dernier reste silencieux pendant tout le chant si passionné de Jocaste, ce qui n'est pas naturel, et le chef du chœur ne fait que résumer l'impression de tous, en remarquant combien est fort l'amour des mères pour les enfants qu'elles ont conçus dans la douleur.
Cette Monodie, malgré la date des Phéniciennes, est encore fort belle. Euripide excellait dans la peinture des sentiments qui excitent la pitié. C'est le poète des amours contrariées et douloureuses. Ses vers se déroulent clairs et rapides comme un fleuve transparent; on jouil de leur éclat; on se laisse emporter par leur douce violence. Cette femme qui accourt, malgré son grand âge, au-devant de son fils si longtemps absent, qui veut se réjouir en l'embrassant, et qui, malgré elle, retombe dans sa lourde tristesse, c'est un thème qui devait séduire le plus pathétique des tragiques grecs. Les modernes ont le droit de s'en féliciter. Ces passages de son œuvre ne demandent aucune étude pour être compris, puisqu'il y suit pas à pas la nature, dans la simplicité de ses amertumes et de ses mélancolies.
Il lui arrive pourtant de s'en écarter. Euripide a en effet, surtout dans la dernière période de sa vie, mélangé le bon au médiocre, et même au mauvais, dans une confusion déconcertante. Le second Solo de la même tragédie en est une preuve.
Phéniciennes : i485 — 1629 3.
La disposition indiquée par Nauck, d'après G. Ilcrmann, est à rejeter. Un morceau lyrique ne peut pas contenir des strophes dissé-