Ibid
3. Texte de R. et W., p. 121 sqq. — i485-i492 : période mcsodique : une pcniapodie daclylique entre deux octapodies dactylique et anaposiiqiie et deux hoxapodies dacty-
minées au milieu d'Analjoles. 11 est entièrement antistrophique, ou ne l'est pas du tout. Sinon, le commencement ou la fin est formée de parties qui se font équihbre. Or, dans la construction de G. Hermann, les strophes et systèmes sont mélangés sans aucune symétrie. La loi d'après laquelle les personnages doivent se répondre est violée. Enfin, on ne peut admettre qu'une Monodie puisse se confondre avec un Chant alterné. La tragédie, même à une époque voisine de sa décadence, est un poème composite, dont les divisions sont très nettes. Celles-ci, bien que subordonnées aux règles de l'harmonie générale, ont une existence personnelle. Un Stasimon forme un tout qui a son indépendance et sa vie particulière. 11 ne peut être confondu avec un Commos. 11 en est de même des autres parties lyriques.
Les dactyles paraissent avoir été employés par Euripide quand il voulait faire briller la virtuosité de ses acteurs. C'est ainsi que l'on pourrait expliquer la faiblesse constante des chants écrits en ce rythme. Cette Monodie est détestable.
On vient d'apporter sur la scène les cadavres des frères et de la mère d'Antigone. Ils sont étendus à terre. Croirait-on qu'à ce lamentable spectacle la jeune fille conserve assez de coquetterie pour parler de ses joues déficates qu'ombragent ses cheveux bouclés, et qu'elle ait encore assez de présence d'esprit pour s'excuser auprès du public d'être sortie du palais sans voile et les yeux rougis de larmes? Que dire aussi des vers où elle se demande quel est l'oiseau perché au milieu des branches élevées d'un chêne ou d'un sapin, qui accompagnera ses lamentations de ses cris plaintifs^? L'allusion possible à l'instrumentiste, dont les trilles ressemblaient peut-être dans ce passage à un gazouillement de rossignol, ferait difficilement pardonner aux modernes, qui ne peuvent plus en entendre une note, cette affectation et ce mauvais goût. C'est ici que la perte de la musique fait un tort extrême à Euripide. A ne considérer que les paroles, elles sont ridicules. Il n'est d'ailleurs pas défendu d'espérer que le pubhc ne
liques. — 1493-97, 1 498-1506: une hexapodie dactylique, que suivent des tétrapodies du même rythme. Parmi elles sont intercalées trois dipodies, dont les deux premières ont un procéleusmatique au premier pied. — 1 008-1529 : le rythme s'altère, puisqu'il est mélangé d'éléments dochmiaques, crétiques et iambiques. Beaucoup de dactyles syncopés. Pour le détail, se reporter à la scansion des métriciens précités.
I. Voir les éditions de Klotz-Wecklein et de Kinkel. Tout le monde est à peu près d'accord sur les vers i5i5, 6, 7.
LES MONODIES
les entendait guère, grâce à la rapidité du chant de l'artiste, nécessitée par la multiplicité des brèves. On saisissait bien ça et là quelques syllabes sonores, de jolies fioritures, mais le sens exact passait inaperçu. Les Athéniens ne comprenaient pas plus le texte véritable de cette Monodie que nous ne comprenons nous-mêmes dans tout son détail le libretto d'un opéra de Donizetti.
Le Solo paraît être divisé en quatre parties. Dans la première», Antigone parle d'elle; dans la seconde ^ de son frère Polynice, qui a un plus beau rôle qu'Étéocle; dans la troisièmes, elle revient sur ellemême; elle s'excite à verser des larmes sur ces trois morts qu'ont perdus les Érinnyes, car, dit-elle en finissant 4, personne n'est plus malheureux qu'elle et que son père Œdipe. Elle ne sait comment pleurer un si grand deuil. C'est pourquoi dans le Chant alterné qui suit 5, elle appelle le vieillard hors du palais pour qu'il se lamente avec elle.
La dernière Monodie d'Euripide est contenue dans VIphigénie à Aulis, tragédie qui fut jouée avec les Bacchantes après sa mort.
IpraGÉNiE A Auus: 1279 — 1335.
La fiUe d'Agamemnon est perdue. Son père vient de le lui déclarer : il ne peut rien faire contre le destin. Elle va mourir. Sa mère prélude au thrène funèbre par quelques anapestes, que suit le long Chant de la jeune vierge. Ce mélange assez confus d'éléments iambotrochaïques, dactyliques et anapestiques se divise en plusieurs parties.
Iphigénie commence par gémir sur son sort : elle ne verra plus la lumière du soleil.
Le rythme change 6: le poète fait apparaître devant nos yeux les forêts neigeuses de la Phrygie et le mont Ida. On prévoit aussitôt qu'il ne nous emmène pas si loin sans un dessein caché : en effet, il