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CHAPITRE II

LES PARODOI ET LES EPIPARODOI.

Les Parodoi.

1. Parodoi à systèmes anapesliques, pendant lesquelles le chœur défile.

A. Elles sont attribuées uniquement au chœur; a) Le défilé du chœur est accompagne des anapestes du coryphée, que suivent les strophes des choreutes ; p) Les anapestes du coryphée sont placés entre les strophes des choreutes; y) Les strophes sont supprimées. Le récitatif anapestique seul est conservé ; il appar-

tient au chef du chœur.

B. L'acteur intervient ; a) Genre antistrophique ; p) Genre libre, TcâpoSoça7CoXe>v|xÉvr|. H. Parodoi sans systèmes anapestiquos. Le plus souvent le chœur défile en silence.

A. Elles sont attribuées uniquement au chœur : Parodoi-Stasima.

B. L'acteur intervient; a) Parodoi avec épirrhèmes iambiques ou anapestiques; p) Parodoi sans épirrhèmes ; elles sont entièrement chantées; y) Genre mixte.

Résumé.

Les Epiparodoi.

LES PARODOI.

Comme son nom l'indique, la Parodos est cette partie lyrique de la tragédie grecque pendant laquelle le chœur défdait devant les gradins des spectateurs, soit dans l'orchestre, soit par exception sur la scène. Or, ce défilé avait-il lieu dans toutes les pièces? Assurément non ; mais par un abus de langage, on a continué de donner le nom de Parodos à un chant du chœur qui s'exécutait sans aucun mouvement.

Je suis resté fidèle à la tradition, mais j*ai pris soin de distinguer les Parodoi à systèmes anapestiques de celles qui n'en ont pas, parce que dans les unes le défilé est de règle, et que dans les autres il est exceptionnel. Les premières ont d'ailleurs été employées avant les secondes. La transformation du type primitif s'accompht assez tôt, et

LES PARODOI.

l'on est surpris des ingénieuses combinaisons qu'inventa quelquefois Euripide. On peut, au surplus, en comparant entre elles toutes les altérations que subit la Parodos, y retrouver en abrégé les principaux changements qui furent apportés au lyrisme de la tragédie.

PARODOI A SYSTÈMES ANAPESTIQUES.

Elles se divisent en deux catégories : tantôt le chœur seul y prend part, ce sont les plus anciennes ; tantôt l'acteur y joue un rôle, soit qu'il chante, soit qu'il récite; le chœur lui répond. La Parodos, qui accompagne encore la marche des choreutes, se transforme donc en une sorte de Commos, puisque, selon la définition la plus large qui s'en puisse donner, le Commos de la tragédie est cette partie lyrique que se partagent la scène et l'orchestre.

A. PARODOI ATTRIBUÉES UNIQUEMENT AU CHCEUR.

Le plus souvent les anapestes du coryphée précédaient les strophes ; quelquefois, au contraire, ils étaient intercalés entre elles. Enfin dans une Parodos, ces strophes ont été supprimées, parce qu'elles n'en constituaient pas l'élément essentiel : il est constant que le chœur les chantait comme celles des Stasima.

a) LES ANAPESTES DU CORYPHÉE PRÉCÈDENT LES STROPHES

DES CHOREUTES.

Dans les plus anciennes pièces qui nous restent, cette sorte de Parodos sert d'ouverture au drame. La scène est vide; le chœur défile.

Eschyle, Suppliantes : i — 176.

Anapestes : Coryphée i — 4o.

AA' RR' rr' ^^' ee' zz' hh' ee' « 41—175.

I. A... r' = 4i-84: strophes logaédiques, pleines de chorinmbes; la troisième

Perses: i — iSg.

Anapestes : Coryphée.

AA'RR'rr'AA'EE'ZZ»

iSg.

On comprendra que j'étudie avec moins de soin les strophes lyriques que les anapestes. Ce sont eux qui marquaient la mesure aux choreutes. Ceux-ci allaient deux par deux. Le joueur de flûte les précédait».

Ainsi cette théorie, cette entrée du chœur commence le spectacle. Aucun acteur n'a encore paru sur la scène ; on ne sait même pas quelle pièce on va jouer. Un récitatif et un chant lyrique préludent au sujet ; il est probable que les premiers drames des Grecs débutaient assez souvent d'une façon analogue.

Si l'on songe en effet que la tragédie sortit du Chœur dithyrambique 3, il est naturel d'admettre que la présence des choreutes dans l'orchestre devait précéder celle des u:uoxptTa( sur la scène. Au temps même où les poètes ne disposaient encore que d'un acteur, il fallait bien que le chœur avec lequel il conversait, et qui était alors le personnage principal, fût arrivé avant lui dans le théâtre.

Il est vrai que l'auteur de l'Argument des Perses cite un vers iambique des Phéniciennes de Phrynichos, qu'un eunuque disait sur la scène, au commencement du drame 4. Or, il est probable que cette pièce fut jouée en 476, sous la chorégie de ThémistocleS, quatre ans donc environ avant les Perses, et peut-être même avant les Suppliantes. Mais ni les Phéniciennes de Phrynichos, ni les Suppliantes d'Eschyle

couple est encore plus mélangée: éléments dactyliques, logaédiques, iambiques et trochaïques. Pour le détail. R. et W., p. 687 sqq. - AA' : 84-90 « 9i-^4 : strop. dactyl et trochaïques; la fin est logaédique. - EE' : gS-io. = loS-, 10 : str iambiques et logaédiques comme ZZ' : m-i- = i"-33. - HH' : .34-i43 = i44.i53 : les ïambes dominent. - 00' : i54-i66= 167-175 : strophes de deux parties, la première est trochaïque. la seconde anapestique. R. et W.. p. ao8 sq. - Les trois dernières couples ont des refrains. Ganter a rétabli celui de la dernière antistrophe. , , ,

1. A... A' : 65-113 : ioniques mineurs. R. et W. p. 346 sqq. - E... Z J nA-iSg : str. trochaïques, R. et W.. p. 207.

a. Scholiaste d'Aristophane. Guêpes, 582. .,„... j ,, -j-

3. Sur cette question, cf. M. Croiset. De la tétralogie dans l'Histoire de la tragédie grecque. (Revue des Études grecques, 1888. p. 369-38o.)

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