Electre, Tpitatav Ovmav
santé sur de menus colifichets qui attirent l'œil et l'amusent. On ne sait pas trop pourquoi il les a placés dans ses drames ; mais, comme des joyaux, ils jettent une fine lueur sur le.s objets voisins, et Ton oublie parfois qu'ils bouchent un trou, en admirant la délicatesse de leurs ciselures.
Il convient d'ajouter que notre jugement sur ce point-ci en particulier est plus difficile que celui de l'antiquité. Bien qu'il soit probable que la tragédie d'Euripide n'ait pas réussi, quand elle fut jouée au printemps de 4i3, il se produisit, huit ans après, un fait qui aurait pu consoler le poète, s'il eût encore vécu, de son insuccès. Au dire de Plutarquei, ce fut cette Parodos elle-même qui, chantée après yEgospotamoia, dans un banquet, devant les généraux ennemis, sauva la patrie d'Euripide de l'esclavage et de la ruine. « Les vainqueurs furent touchés en rapprochant du sort de la fille d'Agamemnon l'abaissement où allait tomber la glorieuse cité d'Athènes 3. » Cette anecdote fait trop de gloire à Euripide pour que l'on ait la cruauté de la mettre en doute.
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Un an après VÉlectre, il fit représenter Hélène, la plus romanesque de toutes ses tragédies. Ce n'est pas le lieu de parler du caractère de cette pièce, qui déconcerte toujours un peu celui qui la lit pour la première fois. Pour ceux qui étudient le lyrisme tragique, elle a une extrême importance'». Il est certain, en effet, que le chœur y est négligé de parti pris. On supporte encore sa présence dans l'orchestre, parce que la tradition le voulait ainsi, et que tous les poètes grecs, sans excepter Euripide, ont un respect forcé pour elle ; mais on se venge de cette contrainte en ne s'occupant pas de lui. Il reste donc oisif et presque mutile, en face de la scène, où se concentre toute l'attention du théâtre, et il n'élève la voix que quand on le lui permet. Or, cette permission ne semble jamais lui avoir été accordée qu'à regret. Les Stasima sont des lieux communs pleins de détails chatoyants et d'inutilités brillantes ; parfois, ils se rapportent si peu au sujet, qu'on se demande si quelque interpolateur maladroit ne les a pas glissés dans notre texte.