Oreste, 182 : aw' au uâpecai
U. Oreste y 186-9.
5. Ce qui paraît le prouver, c'est l'ordre qu'Electre lui donne aussitôt au vers i^a de s'éloigner du lit de son père. Or, sur ce dimètre s'élide le monomètre i4i : il n'y avait donc aucun intervalle entre ce» dochmiaques. *
LES PARODOI.
Cette première strophe montre aux spectateurs les précautions que prennent le chœur et le deutéragoniste, pour ne pas troubler le sommeil du malade. Au fond, eUe sert à les instruire de l'état douloureux de ce dernier, et à lui concilier leur sympathie attendrie. Personne ne songe à se mettre en garde contre cet artifice adroit».
Dans l'antistrophe, le chœur questionne encore Electre. On apprend qu'Oreste respire encore, mais qu'il est sans forces 2. L'oracle de Loxias est la cause de tous ces malheurs : Euripide n'oubhe jamais de marquer l'immoralité de la légendes.
A cet instant, Oreste, troublé sans doute par quelque vision effrayante, fait un mouvement. Electre croit qu'il va se réveiller. Elle ordonne aux choreutes, avec une extrême vivacité, de s'en aller :
Ojx àç»' YjjjLôv, ou/. ûtTc' oîxwv xaXtv àpa |jL6G6;ji.£va xtuttov 7:6^7, ccv e[Xt;6tç ;
Cependant le sommeil de l'infortuné redevient plus calme; sa sœur invoque la Nuit, et la supplie d'apporter un peu de repos à celui qui donne tant d'inquiétude à son affection 'i.
Le chœur, pour finir, demande quel sera le terme de toutes ces souffrances. Electre n'en voit pas d'autre que la mort, ce qui l'amène encore une fois à maudire Apollon 5.
Il est à croire que cette Parodos, comme celle du Philoctète, tragédie représentée un an avant VOreste, se jouait sur la scène. Si l'on cher-
î. Comparer la Parodos de VAlceste. Voir plus haut.
3. Il est à son sixième jour de jeûne : on serait épuisé à moins.
3. Passion extrême contre Loxias : trente-deux brèves dans les deux dimètres dochmiaques, dont toutes les longues sont dissoutes :
àôcxo? àSixa tôt ap' T/.axsv sXaxev, àitoçovov ot' èm TptTcooi 0£{xiôo; ap' eôtxaag 96VOV ô AoE.t'a; èfià; [xatlpo;.
Dans la strophe, le même nombre de brèves traduit heureusement l'angoisse d Electre, quand elle supplie le chœur, pour qu'il marche en silence, et ne réveille pas son frère. Comparer Hélène, au moment où elle se jette, après dix^ept année» de séparation, dans les bras de son mari. Jnfra ch. V: Duos seml-épirrhématiques
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che, en effet, à se rendre compte des mouvements des choreutes, il est naturel d'admettre qu'ils apparaissaient d'abord dans l'orchestre, qu'ils montaient bientôt sur le Xcysîov, qu'un moment ils s'approchaient trop près du lit d'Oreste, qu'Electre leur disait de s'éloigner quand elle croyait qu'ils allaient réveiller son frère, qu'elle leur répétait cet ordre, à la fin de la seconde strophe, et qu'enfin ils avaient repris leur place habituelle en face de la scène, dès que revenaient les Irimèlres du dialogue avec le premier Épisode.
En tout cas, nous n'avons pas là de Parodos véritable. Tous ces mouvements choraux n'étaient réglés par aucun rythme, et les dochmiaques, ce mètre plein de trouble, ne pouvaient marquer la mesure aux amies d'Éleclre, quand elles s'approchaient de l'eccyclème.
y) GENRE MIXTE.-
Ce n'est pas le lieu d'étudier à fond l'admirable Parodos de l'Œdipe à Colone, la seule qui rentre dans cette catégorie. On sait que cette tragédie fut jouée en 4oi. Je montrerai plus loin quelle est la raison de la succession des deux formes régulière et asymétrique qui la composent, et avec quel art Sophocle a suivi dans tout ce long Commos une progression savante, qui arrive à son terme dans la Monodie d'Antigonc.
Œdipe a Colone : 117 — a36.