‹ Théorie des formes lyriques de la tragédie grecque [microform]Chapitre 81 sur 250 · Decharme, Euripide et l'esprit de son théâtre, p · texte numérisé non relu

Decharme, Euripide et l'esprit de son théâtre, p

détails. J'entrerai donc dans quelques explications sur sa composition technique * . Je crois qu'elles ne sont pas étrangères à mon sujet : elles serviront en effet à montrer que cet équilibre antistrophique, qui semble être au premier abord aussi rigoureux en 472 qu'en 4oi, a cependant subi des variations assez importantes. Qu'était-ce donc en soi que celle égalité des unités binaires du Stasimon?

a) DE l'égalité MÉTRIQUE ENTRE A ET A' .

L'anlislrophe devait avoir la même valeur métrique que la strophe, puisque le chœur les chantait l'une et l'autre sur le même air, comme deux couplets d'une chanson moderne. Chez nous, la syllabe servant seule à mesurer les vers, l'égalité des strophes suppose l'égalité absolue, dans la déclamation ou dans le chant, de la somme des svllabes prononcées. 11 n'en était pas exactement de même chez les Grecs. Les temps musicaux constituaient les unités métriques, de sorte que deux strophes devaient, pour se répondre, avoir le même nombre de temps.

Est-ce à dire que celui des syllabes était indifférent, et qu'une longue de la strophe pouvait être représentée dans l'anlislrophe par deux brèves et réciproquement ? On serait peut-être tenté de le croire au premier abord, puisque dans les vers iambiques du dialogue, par exemple, le Iribraque pouvait être placé à tous les pieds, sauf au dernier. En réalité, cette substitution doit être regardée comme une licence 2. Elle devint de plus en plus fréquente dans l'usage. Rare chez Pindare, Eschyle et Sophocle, elle se multiplie dans Euripide. L'examen rapide des faits suffit à le montrer.

Éludions, en effet, le rythme qui est cher à Pindare 3, je veux parler de celui qui est formé du mélange des dactyles et des épitrites seconds. Ici, le dactyle ou le spondée comptait pour quatre temps pleins. Je ne sais pourtant si jamais un dactyle s'oppose à un spondée; s'il y a

t . Je sais bien que les remarques que je vais faire pourraient trouver leur place dans le chapitre de la Parodos ou du Commos, mais il m'a semblé qu'elles étaient surtout de mise dans l'étude du Stasimon, qui par définition, pour ainsi dire, doit être antistrophique.

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