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Ce Commos ainsi retouché est composé de trois tiers semblables, de chacun deux Syzygies entrelacées. Celui de l’Antigone est moins étendu, 1. AA': mélange de vers logaédiques, iambiques et trochaïques. — B B!: logaèdes et
; côla trochaïques. — TL: logaèdes et côla iambiques.— A A!: logaèdes.— EE! : iambes, mais 1531, 1567 sont des logaèdes.— Z Z/: logaèdes.—o a', BB, yy', ù!,ec!,{t!: anapestes.
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mais il lui ressemble. Encore Eschyle, en n'employant qu’un seul acteur, qu'il oppose selon son habitude à l'orchestre, et en intercalant des refrains dans son thrène, fait-il preuve d’un art moins raffiné.
Cette répétition de l'épépvtov a déjà été admise par un certain nombre d'éditeurs : ; d’autres l'ont repoussée. Un de ces derniers, M. Weil. qui à plus que personne contribué à établir le texte d'Eschyle, n’a pu se résoudre à l'accepter, parce que Clytemnestre, dit-il, répond au chœur comme si elle ne l'avait pas entendu ?. La gravité de cette objection sera peut-être atténuée dans ce qui suit:
En général, le refrain d'Eschyle, comme celui de la chanson moderne, est en situation après le premier couplet, pour lequel surtout il a été fait, et s'adapte assez mal aux autres. Dans un Stasimon des Euménides 3, les copistes l'ont oublié après la seconde et la troisième antistrophes, et l'on aurait mauvaise grâce à nier qu'il ne s’y rattache guère. On a eu cependant raison de le rétablir.
Ce manque de cohésion avait déjà été observé dans l’antiquité. Aristophane n’a pas hésité à parodier les égbuva d'Eschyle 4. Or, s’il ne faut pas trop se fier aux critiques qu'il adresse à Euripide, il est en somme assez favorable au vieux poète pour ne pas lui imputer une imperfection imaginaire. Le jugement du comique doit diriger le nôtre; irrespectueuses dans la forme, ses railleries ne portent pas à faux : elles autorisent nos réserves. Le défaut existe ; d’ailleurs, il était inévitable.
Le refrain était composé après la strophe. Il ne pouvait pas changer. Dans le mouvement général, il restait immobile. Si la pensée faisait dans l’antistrophe quelques pas en avant, il était distancé par elle. Quand on le reprenait, il n'y avait pas suite, mais recul dans le développement. Ainsi l'esprit de l'auditeur, entraîné par les idées du poète comme dans un flot, était heurté par leur arrêt subit et contrarié
1. Entre autres par Kirchhoff, dans son édition d’Eschyle, et par Wecklein, dans celle de l’Orestie. — L'emploi de ces refrains se trouve encore dans le Duo scénique des Sept contre Thèbes. Je laisse de côté les Stasima,
2. Préface de son édition d’Eschyle (Teubner, 1884 et 1889), p. X: Neque a me impetrare potui ut post v. 1474 iterarem vv. 1455-1461, post v. 1566 vv. 1537-1550. Haec qui inserunt injuriam faciunt poetae surdamque nobis exhibent Clytaemnestram, ut quae chorum collaudet ob sententiam mutatam, quum ille in eadem sententia eisdem verbis iterum prolata obstinate permaneat.
3. Euménides, Stas. I, strophes BB!. TT’. (346-59 — 360-67, 368-76 — 377-80).
4. Grenouilles, 1264 sqq. Voir la note de Kock sur ce passage.
dans l'élan qu’elles lui avaient donné par ce brusque retour en arrière.
Cela est si vrai que dans la troisième et dans la quatrième Syzygies, dont la disposition est indiscutable, il s’en est fallu de fort peu que la répétition du refrain n'ait encore été supprimée. Après avoir déclaré à Clytemnestre, dans l’antistrophe T'’ (1505-12), que personne ne voudrait attester qu’elle est innocente du meurtre de son époux, le chœur revient dans l’égépytoy y’ A' (1513-20) sur la mort de son roi bien-aimé. Or, la réponse que fait Clytemnestre en cet endroit (à' — 1521-29) ne se rattache pas au refrain, mais à l’antistrophe l’ qui le précède, puisque voyant qu'elle ne peut rejeter la responsabilité de son crime sur le Génie fatal aux Atrides, elle a recours à un autre argument qui en diminue l’horreur : « Après tout, dit-elle, Agamemnon n'a-t-il pas tué Iphigénie, sa fille? Il a expié sous les coups mortels du fer, le crime qu'il avait le premier commis. »
Les lecteurs anciens avaient remarqué ici même que les idées ne se suivaient pas. Un interpolateur, d’ailleurs fort maladroit, voulut relier la réponse de Clytemnestre à la strophe du chœur’: sa grossière retouche a été avec raison effacée par Seidler.
La répétition du refrain ÿ’A' n’amène donc pas les anapestes de l'acteur, Personne cependant n'oserait dire qu'il faille la retrancher. Elle nous a été conservée par les manuscrits, bien que le lien qui la rattache à ce qui suit, soit déjà assez lâche. Ailleurs elle a été supprimée, parce que la suite des idées semblait rompue par son maintien : c'est aux modernes à la rétablir. |
La rigueur de la forme lyrique a donc nui à la pensée de l'écrivain; mais il ne faut pas exagérer le défaut, d’ailleurs véritable. Nous devons bien nous dire, en effet, que la lecture de ce Gommos ne produit pas sur notre esprit l'impression que ressentaient à la représentation du drame les spectateurs de 458. Il est certain que les refrains2 n'étaient pas récités et chantés comme les strophes du chœurs et les systèmes
OÙr’ aveheUepov oiuat Odvarov tode yevéodat.
Ces anapestes nient donc la pensée contenue dans les vers qui les précèdent immédiatement.
DICO Be AMP IMAUNE MZ MENT.
3, A, A!.T,TLE, E!.
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de Clytemnestre', C'est ce qu'il ne faut jamais oublier. Wecklein 2 suppose avec assez de, vraisemblance que le chœur était divisé en soie. Chaque couple de strophes aurait été chantée par quatre choreutes. Dans les refrains, le coryphée, selon son habitude, récitait les anapestesh, et la partie lyrique qui les suivait5 appartenait au chœur entier.
Cette hypothèse admise6, comme les trois couples de strophes : À, A". F, l'E, E' ont une importance particulière dans la marche des idées, puisqu'elles amènent les réponses de Clytemnestre, celle-ci, debout au milieu de la scène, se tournait chaque fois vers le orcïyes, auquel elle s'adressait7. Les spectateurs voyaient donc par son jeu même où allaient ses paroles. La réponse anapestique de l'acteur: @, f'.5,2'.e,e' leur rappelait la strophe de l'orchestre. Pareille chose a lieu tous les jours. Du haut de la tribune, un orateur réfute dans nos assemblées les arguments de chacun de ses adversaires, en se tournant vers eux. Tous les auditeurs se rappellent l'accusation, lorsqu'ils entendent la défense. Il n’est pas nécessaire que l’une suive l’autre. Plusieurs orateurs ont pu parler dans l'intervalle: leurs discours sont oubliés un instant.
Il est temps d'appeler l'attention du lecteur sur un Commos de l'Électre de Sophocle, dont on n'a pas encore compris, pour diverses raisons, la véritable disposition. Tous les éditeurs ou métriciens que je connais8, admettent en effet des lacunes que les manuscrits n’indiquent pas. Je marque d’abord la manière dont ils le construisent : on verra où est l'erreur en comparant ce dessin avec les autres.
! » He to CA PES de l’Orestie, Leipzig, 1888. Note au vers 1449. P'ASANT LE, r; Brad, yryr ed 5*B/B; A, A! 7, Z!
6. M.F. Maury, dans sa thèse latine déjà plusieurs fois citée, approuve l’opinion de Wecklein.
. Chacun de ces aroïyot élait de quatre choreutes, puisque le chœur de lAga- Hbhhôh, comme on le voit par les vers 1344 sqq., était composé de douze personnaes. Dans ces chœurs primitifs, le coryphée jouait en même temps le rôle de parastate. Cf. À. Müller, op: cit., p. 208.
8, Otto-Jahn, Schneidewin-Nauck, Dindorf-Mekler, Tournier, Westphal (PTE: zu Aeschylus, p. 161), H. Gleditsch (Cantica, p. 62 sqq.).
ÉLEGTRE : 1398— 1441.
, a : Électre. Chœur. ÉL. Ch. ÉI. Clytemnestre, ÉI.
À : Chœur.
, 6 : Clyt. ÉL. Clyt. ÉL.
B : Chœur.
Age mm
Pa
: Clyt. ÉL Clyt. ÉL.
: Chœur.
!: Chœur. Électre. Oreste. Électre. Oreste.
Ÿ & A': Chœur.
mo
+: Électre. Oreste. Électre.
!: Chœur.
y!: Oreste. Électre. Or. ÉI.
T': Chœur.
Un personnage, ai-je ditr, ne peut pas, dans un antépirrhème, ne prendre qu’une partie du rôle que remplissait un autre personnage dans l’épirrhème. Si donc dans a’ le chœur, ou plus exactement le coryphée, remplace Électre, et si Électre remplace le chœur, Oreste ne saurait intervenir que pour remplacer Clytemnestre. C’est ce qui n’a pas lieu. Cette raison seule prouve que le schème précédent est faux.
D'ailleurs le nombre des vers récités ne s'accorde pas. L’antépirrhème 4! ne répond pas à l’épirrhème &. Les difficultés sont aussi inextricables dans $ et f'. On admet, il est vrai, que le manuscrit a des lacunes: c’est un expédient trop commode. Elles ne sont pas justifiées par le sens. Tout, au contraire, se suit avec régularité. J’ose le dire sans hésitation, ces lacunes n'ont jamais existé, et il est possible de mettre le texte en ordre, sans y changer une seule syllabe.
Je remarque d’abord que dans le type de thrène que j'’étudie, l’épirrhème ne précède pas la strophe. Je ne sais si cette disposition se rencontre dans la tragédie. Les vers 1398-1406 formaient un dialogue ordinaire entre Électre et le chef du chœur. Il devait être tenu à demi-voix, parce que le moindre bruit, en cet instant décisif, pouvait perdre les deux enfants d’Agamemnon, ses vengeurs. Le débit mélo-