Électre
LES COMMOI. 167
Ce vers est récité en dehors du rythme général. Le contraire aurait été absurde. Il retentit à l'improviste, parce que l'épouse adultère d'Agamemnon vient de tomber dans un piège inattendu. Aussi ce trimètre entier, qui forme un tout métrique, n’a rien dans l'antistrophe qui lui réponde.
Au contraire, les fragments iambiques que prononce la malheureuse dans ce qui suit, font partie intégrante du Commos: Oreste y répond dans la seconde moitié, syllabe pour syllabe. Les iambes de la mère s'ajoutent à ceux de la fille pour former des trimètres complets. Il s'établit un dialogue entre l'acteur qui est sur la scène et celui qui est dans la coulisse. La victime supplie son meurtrier d’avoir pitié d’elle. Électre, de peur qu'Oreste ne faiblisse à la vue du sein maternel, fait valoir un argument sans réplique. Toute pitié est hors de saison :
KA. "D réxvoy, téxve, oïarerge th tenoüsav. HA. GAN ox ëx céley
à 4 39) | 4 # oùtos, C0D à “evvhous Tati.
Chaque coup du fils arrache un gémissement à la mère, auxquels répondent les souhaits féroces de la fille :
KA. pot Lan aïôrs. HA. et vas Alyishw Y'époÿ?.
Ce dialogue, comme on le voit, atteint à un degré d'horreur que les modernes, dans leurs brutalités les plus risquées, ne semblent pas avoir dépassé.
La seule irrégularité de tout le thrène consiste dans la chute de sept syllabes au vers 1432. Ce n’est pas une raison suffisante pour que l'on rejette la construction que j'indique. Ici, comme ailleurs, la lacune se trouve dans les jambes. Les copistes ne croyaient peut-être pas qu'ils
1. Ce vers est un peu cruel pour une fille; mais c’est une fille depuis longtemps enragée contre sa mère. (Note marginale de Racine, édit. P. Mesnard, t. VL.)
2. Le Laurentianus porte : & yàp Atyioüw 06100. I1semble que ce re provient d’une faute de copiste : il en faudrait un second. D'où Hermann : Aëyio0w y’6p09. D'autres : Aïy{oüw &’6poù. Cf. Kühner, Ausführliche Grammatik der Griechischen Sprache?, $ 520, Anmerk. #4.
3. Cf. plus haut les thrènes de l’Antigone: 1201-1346, ct de l’Ajaz: 879-973. Au vers 882 de l'Œdipe à Colone, il manque cinq syllabes.
se répondaient comme les vers lyriques qui les précèdent. Leur erreur est d'autant plus explicable que cet équilibre des trimètres est troublé par un artifice insolite. Le manuscrit néanmoins doit être
suivi.
Vient un thrène de l’Andromaque d’Euripide. Voici comment je le disposerais :
| A: Chœur. Pélée...........,.......... 1197-1202 ae ChŒUTE RER OPEN E 1203
Br: Péléess SR IS RER ET RATIO
GS CRETE, Ne REUTERS nat 1208
F4: Pélée SR OS PR PONT OA
A": Chœur Pl ES TER IT TT Na’ CHÉŒUrS EN RAA CR 1218 DB PÉlÉR. eut RU NEie LRRNE RENE 210 210 D'ÉCHŒUTS ATARI RIT 1221
FÉ-REée Ses a ee al NU SCT TS
La forme que donne Nauck est inadmissible. Un Commos de ce type doit toujours être groupé harmonieusement. On ne comprend donc pas le rejet de la seconde antistrophe B', après la troisième couple IT', surtout si la première paire AA est simplement ordonnée. Rossbach et Westphal me paraissent avoir raison contre le savant éditeur d’Euripide. Ce thrène doit être composé de trois Syzygies entrelacées, dont la dernière n’a plus d’épirrhèmes.
Ainsi tout peut être remis en ordre avec de légères modifications du texte. Il n’en est pas de même pour la Parodos des Héraclides. Ici
1. AA!, BB! LI: str. iambiques. — à a!, 6 fl: un trimètre iambique; cf. R.et W., pour le texte (Griech. Metrik, p. 286, 7), et rapprocher ce que dit Wilamowitz (Herakles, 11, p. 210 sq.) dela forme extérieure des constructions lyriques des Grecs.
. 2. Schème: A, A!. B, T, T', B', ou si l’on décompose les différents éléments cons+ titutifs : À, A! «, B, 6, l', A, A', a, B', G', ['.