‹ Théorie des formes lyriques de la tragédie grecqueChapitre 126 sur 230 · HO AROMSUNRT CE A+ CAR · texte numérisé non relu

HO AROMSUNRT CE A+ CAR

Antigone et Ismène pleurent la mort de leur père; seules et livrées à elles-mêmes, elles s'inquiètent de l'avenir. Le chœur essaie de calmer leur douleur et leurs appréhensions. Dans la seconde antistrophe, il chante tout ce qui répond à la partie d’Antigone. Ismène se tait; sa sœur la remplace.

Cet échange des rôles fournit un indice, qui servira peut-être à trancher une question assez obscure et souvent discutée. Dans ces sortes de Commoi, ce que les manuscrits attribuent au chœur ne pouvait pas être chanté à l’unisson par les quinze choreutes. Chacun le reconnaît. Le mouvement est trop rapide et les reprises trop multiples; les personnages de l'orchestre chantaient tous ensemble les seuls Stasima. Faut-il donc admettre que les nombreux xémmatzx de ce thrène étaient attribués à des choreutes isolés? C’est en particulier l'opinion de Christian Muff2. Il a prétendu que les quatorze, ou même que les quinze choreutes intervenaient ici tour à tour. Je ne puis être de son avis.

Outre que le grand nombre de reprises ne comporte guère ces chan. gements continuels d’exécutants, n'est-il pas naturel de croire, puisque l'acteur, dans une antistrophe, ne peut se substituer qu’à un seul de ses camarades, qu’il doit, s’il remplace le chœur, ne prendre le rôle que d'un seul personnage? Or, quel autre que le coryphée avait assez de talent pour répondre à la scène, et assez d'autorité pour parler au nom du chœur entier?

1. AA!: 1670-96 = 1697-1723 : iambo-trochées; la fin, 1693-6— 1720-3, est logaédique; le premier couplet d’Antigone, 1670-6— 1697-1703, est écrit en dactylo-trochées. — BB: 1724-36 — 1737-50 : iambo-lrochées; cf.R. et W., p. 812, 3; Gleditsch, op. cit, p. 224 sq. Les divisions de ce dernier métricien sont légèrement différentes.

2. Ghorische Technik des Sophokles, p. 309 sqq. Cf. dans le même livre, p. 135 sqq., 282 sqq.

Euripide se sert encore plus souvent de ce Commos que de celui où les anapestes forment les épirrhèmes; l'agitation de ceux qui le

jouent convient au caractère de ses drames.

Introduction anapestique récitée par le coryphée.

A : Adraste. Chœur. A. C. A. C. A. C. A. C.

Al: — — ———————— PA CRC

On a apporté sur la scène les cadavres de ceux des Sept Chefs, qui étaient Argiens. Leurs mères forment le premier oxeïyos, et les dix autres choreutes jouent un rôle inférieur. Ce chœur est donc de composition mixte: sur la première ligne se tiennent les mères de Capanée, d'Étéocle, fils d'Iphis, d'Hippomédon, de Parthénopée et de Tydée?, tandis que leurs servantes sont rangées sur la deuxième et sur la troisième. |

Arnoldt3 attribue dans la strophe et l’antistrophe les cinq premiers couplets du chœur à chacune des cinq mères des guerriers morts. Wecklein 4 a raison de remarquer que l’exhortation d’Adraste5, qui se trouve en tête de ces lamentations, s’adresse aux cinq mères à la fois, et que la division d’Arnoldt est en contradiction avec le texte. Les cinq parastates chantaient à l’unisson tout ce qui est attribué au chœur dans la strophe et dans la partie qui lui répond; quant aux deux couplets de l’épode, ils appartenaient au coryphée.

Une disposition presque identique se retrouve un peu plus loin dans la même pièce.

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