‹ Théorie des formes lyriques de la tragédie grecqueChapitre 135 sur 230 · Deuxième partie : entièrement lyrique · texte numérisé non relu

Deuxième partie : entièrement lyrique

D= Antigone. Chœur.

B': — T : Antigone.

La première moitié de ce Commos rentre dans le genre épirrhématique ordinaire, mais ce que récite le coryphée est écrit en anapestes, de sorte que ses réponses ne sont pas symétriques, comme les strophes qui précèdent :.

Dans ce qui suit, le chœur se met à chanter, comme l'acteur de la scène. Les deux couplets qui lui sont attribués se répondent?. Une sorte de Monodie termine le tout. Elle appartient, comme il convient, au protagoniste.

Antigone va mourir. Elle vient contempler pour la dernière fois la clarté du soleil avant d’être enfermée vivante, selon l’ordre de Créon, dans la caverne souterraine. Ses plaintes et ses adieux à la lumière finissent par toucher le coryphée. Dans la première partie du thrène, il s'était contenté de remarques et de conseils, dont la généralité dissimulait mal l'indifférence. Le ton assez détaché de ces anapestes avait même trompé Antigone, en lui faisant croire que l’orchestre lui-même se moquait de son infortune3. Aussi dans les deux couplets suivants, le chœur s’efforce-t-il de détromper la malheureuse jeune fille, dont il a pitié. La faute qu'elle a commise est involontaire; elle expie sans doute les crimes de son père OEdipe 4, et la fierté de son caractère l'a poussée à se révolter contre les ordres du rois: dans les deux cas, elle n’est pas responsable de son excès d’audace. Le parallélisme des pensées est rigoureux, parce que la forme est symétrique. Dans les anapestes, au contraire, des idées différentes ont été simplement juxtaposées dans un moule inégal.

1. Cf. supra, p. 161 sqq. Nieberding, il est vrai (De anapaestorum apud Aeschylum et Soph. ratione antisystematica, p. 39-42), admet l'égalité absolue des deux systèmes : je crois qu’il a tort.

2. Dans les deux cas, on a une triple tétrapodie et une hexapodie iambiques.

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