‹ Théorie des formes lyriques de la tragédie grecqueChapitre 137 sur 230 · Première partie : entièrement lyrique · texte numérisé non relu

Première partie : entièrement lyrique

Proûde : Héraut.

A : Chœur. Héraut. Chœur. Héraut.

Deuxième partie : épirrhématique simple : 866 — 906. B : Chœur. £: Héraut. B': Chœur. $': Héraut. T: — s AOATE rm TRUE Dee y: — es è: = .. A, — à: —

L'émotion, qui atteint du premier coup à un degré d'intensité extraordinaire, ne peut se prolonger longtemps avec la même violence: les sentiments excessifs durent peu. L’agitation va donc en diminuant, et les iambes reparaissent.

Quand les Danaïdes, réfugiées à Argos pour ne pas épouser les fils d'Aegyptos, leurs cousins, aperçoivent tout à coup le héraut lybien, c'est un débordement de cris d’effroi du côté du chœur, de menaces du côté de la scène. À ce moment, les deux partis opposés chantent l'un et l’autre: les vers lyriques seuls sont de mise dans de pareilles

1. Les vers 825 sqq. sont dans un état pitoyable. Oberdick, (Schutzflehenden, Berlin, 1869, p. 170), a cru un moment y trouver de l’égyptien (!). — D’après les scholies, ces vers étaient prononcés par le chœur, au moment où il apercevait le barbare, qui arrive . à l’improviste. — Pour la scansion de ce thrène, on peut se reporter à l’édition latine de Weil, 1866, et au livre de Schmidt, Die Eurhythmie in den Chorgesängen der Griechen,

. p. 306 sqq. — Après la seconde couple de strophes, le héraut ne doit plus prononcer

que des trimètres iambiques. Il est surprenant que les deux épirrhèmes ff': 872-5 — 882-4 soient de trois vers, tandis que les quatre autres yy!, 80, sont des distiques. Dans cette disposition, Eschyle a toujours donné à ses épirrhèmes un nombre égal de trimètres. Voir supra, p. 131 sqq.

circonstances. Ce qui suit n’est plus qu'un mélange de chant et de récitation. Les strophes sont attribuées aux Danaïdes, dont la frayeur est toujours extrême bien qu’un peu moins vive. Le messager qui les poursuit se contente de réitérer froidement, après chaque couplet du chœur, ses injonctions et ses menaces. L’alternance des vers lyriques et des trimètres convient à cette situation, où l’affolement plein de répulsion des jeunes vierges forme un contraste vigoureux avec l'insistance têtue du barbare.

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