‹ Théorie des formes lyriques de la tragédie grecqueChapitre 138 sur 230 · C. COMMOS ANTISTROPHIQUE ET MÉSODIQUE · texte numérisé non relu

C. COMMOS ANTISTROPHIQUE ET MÉSODIQUE

Dans cette disposition d’ailleurs unique, les strophes se suivent comme à l'ordinaire, tandis que les épirrhèmes en nombre impair sont groupés mésodiquement. Ces deux variétés différentes de construction ne sont pas juxtaposées; le poète les a fondues en un tout harmonieux.

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G. Hermann ?, suivi par H. Weil, a le premier indiqué la manière dont ce -Commos était construit. On peut accorder qu’une association

1. AA!: strophes trochaïques. — B B': même rythme, mais le centre de ces strophes ést dactylique. — l'T”’: le commencement seul est dactylique, et les trochées ne tardent pas à revenir, — Voir, dans R. et W., p. 214 sqq., la scansion complète de ce Commos.— «, 8, y, fi, x! : épirrhèmes de 12, 8, 8, 8, 12 éléments.

2. Cf. Elem. Doct. Met., p, 379 sq., et la seconde édition des tragédies d’Eschyle. (Berolini, apud Weidmannos, 1859.) L :

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de deux formes si dissemblables présente quelque chose d'insolite. Néanmoins, comme il ne paraît pas que pour arriver à un semblable équilibre, on fasse violence au texte, je crois que la vraie solution est trouvée, et je n’hésiterai pas à essayer de la justifier.

J'ai déjà dit que la mésode ne devait pas avoir une moindre importance dans le développement des pensées que dans la disposition extérieure de l’ensemble, où elle sert pour ainsi dire de pivot. S'il en est ainsi, il faut que les anapestes y (— 968-75) jouent un rôle çonsidérable. Or, le poète ayant eu pour but dans ce chant final de dépeindre la joïe de Minerve, quand elle parvient à calmer la colère des Euménides et à les décider à rester à Athènes, qui ne voit que la mésode, autour de-laquelle gravitent les autres parties, est un heureux résumé de la manière dont la déesse est arrivée à ses fins? } |

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Les autres systèmes antistrophiques comparés à celui-là ont un relief beaucoup plus faible, et les strophes contiennent presque toutes les vœux des Euménides pour les enfants d'Érechthée.

D. COMMOS MÉSODIQUE, PALINODIQUE ET LYRIQUE.

J'arrive enfin au Commos le plus surprenant du théâtre grec. Il est formé de trois parties principales, dont la première est composée de quinze, et chacune des deux autres, de quatre éléments constitutifs. Avec ses anapestes de prélude et de conclusion, il comprend vingtcinq strophes ou systèmes. Par sa vaste étendue et cette triple juxtaposition de formes différentes, il l'emporte de beaucoup sur tous les autres. L’harmonie intime des idées qu'il contient n’est pas moins remarquable que la symétrie extérieure de son architecture.

CHOÉPHORES : 306 — 478 *

Prélude anapestique : Coryphée .....,........... 8306-14

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Finale anapestique : Coryphée........,:......, .. 76-78

1. Prélude de trois systèmes, de chacun trois éléments. — Première partie: À A!: glyconiques et phérécratéens. — BB': on commence par des iambes, puis viennent deux logaèdes, quatre x®)a ioniques avec anaclase, et l’on finit par un glyconique. Cette strophe est très mélangée. — l'T': str. logaédiques et iambiques, mais 349, 50—367, 8 forment un tétramètre bacchiaque. — AA!: le commencement est dactylique et l’on passe aux logaédiques par un élément iambique. Point de difficulté, ‘si avec Hermann on allonge la première syllabe de Oœiéas. — EE': une hexapodie iambique, quatre phérécratéens, un trimètre bacchiaque, qui n’a pas son correspondant dans l’antistrophe; ce qui suit est corrompu dans les deux strophes. — œ a! : système de cinq éléments, — 6: neuf éléments anapestiques répartis en deux Sys-

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Le grand thrène de l'Agamemnon, dont j'ai expliqué plus haut l'économie", n’atteint pas, comme on le voit, à une semblable complication, puisqu'il est composé en entier dans un seul et même style. Ici, par une progression consciente, le poète, après de savants détours, aboutit à la forme lyrique la plus expressive. En effet, la première partie de son Commos doit être regardée comme l'exemple le plus parfait de construction mésodique que l'antiquité nous ait laissé; la seconde est palinodique?; la dernière enfin se rapproche du Stasimon, puisque l'orchestre et la scène, ce qui est extrêmement rare, paraissent chanter à l’unisson la dernière couple de strophes.

On sait que la péricope mésodique la plus simple comprenait trois éléments :

Eschyle a commencé par répéter quatre fois ce groupement initial :

ABA':TBT'-AEA'.ZEZ.

Il aurait pu laisser les quatre triades sans les réunir entre elles, mais comme il aime, au contraire, que les formes lyriques de ses tragédies soient disposées dans un ordre harmonieux, il a adroitement accouplé les mésodes de ces péricopes :

tèmes.— Deuxième partie: HH!,00': le rythme change, toutes ces strophes sont iambiques. — Troisième partie : IL : str. iambiques, dont la clausule est formée par un phérécratéen. — KK!: strophes logaédiques, terminées par deux glyconiques. Pour la scansion de tout ce thrène, cf. R. et W., p. 68/-5, p. 274-5. Comparez Schmidt, Eurhythmie, p. 214 sqq.— La construction mésodique de la première partie de ce Commos nous est garantie non seulement par l'équilibre rythmique, mais encore par la répétition aux mêmes endroits des strophes et antistrophes, de mots identiques ou de syllables de pareille consonance. A A! : éuoiwe, 320 — 337. — T'L'!: x’, 345 — no 363; marep, 346—364. — AA': Zeù Led, 382 —peù p:0, 306. — Les deux mésodes anapestiques secondaires «x! commencent par &IN et &Xkx.— Cf. G. Jacob, De aequali -stropharum et antistropharum in tragoediae graecae canticis conformatione. Diss. Berolini, 1866, p. 12 sqq. Consulter aussi le Philologus, XXXIT, p. 729 sqq., art. de Wecklein. 3 r. Voir p. 147 sqq.

2. Héphestion, xept mouuaros, p. 68, Westphal: mœvwdixà GE ëv of và uèv mepréyovrx aAAMots Éativ Gpotx, avépotx Où Tois mepteyomévors" Tù DÈ meptegépeEve ANG hote Èv ômoté éortv, &vomorx D voi meptéyovaiv. — Ge groupement palinodique des Choéphores est unique dans la tragédie grecque.

Il arrivait ainsi à la disposition suivante:

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