‹ Théorie des formes lyriques de la tragédie grecqueChapitre 139 sur 230 · ABA'.TB'I'.—AEA' .ZE"'Z · texte numérisé non relu

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RTE AD PANNE et Malgré son ampleur déjà considérable, cette construction ne l'a pas satisfait, parce que les deux aïles de l'édifice lyrique, pour ainsi dire, n'étaient pas reliées entre elles par l'édifice lui-même. Pour éviter ce manque de cohésion, il a donc ajouté une cinquième péricope, d'un rythme différent, dont le second élément $ formait le centre de tout l'ensemble, tandis que les deux systèmes égaux « a’, placés au milieu

de chaque moitié constitutive, servaient à les réunir :

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Ainsi sont joints en un tout indissoluble les quinze éléments de la première partie. Les mésodes primaires BB', EE' commandent chacune deux strophes, les secondaires x a! six, la tertiaire 8 quatorze.

Il est difficile d'imaginer un dessin plus ingénieux. Eschyle, dans l’art des groupements lyriques, était parvenu, vers la fin de sa vie, à une habileté consommée. Nous voilà bien loin du Commos épirrhématique des premières tragédies, et de la sécheresse de ses lignes. Elles ont été assouplies, brisées, entrelacées avec une adresse et une sûreté de main que n'acquirent jamais ni Sophocle ni Euripide. Quand ceux-ci semblent imiter leur prédécesseur, la forme dans laquelle ils enveloppent leurs pensées paraît étriquée. Il fallait toute la puissance créatrice du vieux poète pour oser, dans un tel moule, lancer la coulée ardente de ses idées, et toute la maîtrise avec laquelle il les dominait, pour le remplir sans bavures et d’un seul jet.

Tel est, en effet, ce système de construction, qu’on ne peut, sans bouleverser l’ordre général, toucher à aucun de ses éléments. Dans un Stasimon, le nombre des strophes est facultatif, et l'artiste peut s’arréter où il lui plaît, Ici, l’espace à franchir était fixé d'avance. Comme dans le städe antique, Eschyle devait parcourir, d’un seul trait, toute la carrière. S'il avait, en effet; manqué de souffle avant de doubler la borne finale, il aurait dû revenir honteusement sur ses pas, et retran-

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