‹ Théorie des formes lyriques de la tragédie grecqueChapitre 19 sur 230 · Sous-entendre pËdoc · texte numérisé non relu

Sous-entendre pËdoc

5. Platon, dans le Sophiste, 256 B, parle d’une oracuos xivnow, et il existait une oTàciL06 Gppoyvix, une harmonie calme et reposée. Problèmes, XIX, 48.

dant le genre auquel ils appartinssent, le chœur n’y défilait jamais, et ils étaient placés à un endroit où l’action était arrêtée, parfois pour quelques instants. Je dois entrer ici, pour plus de clarté, dans quelques détails.

æ) STASIMA VÉRITABLES.

Ils se distinguent par leur calme et leur sérénité. Les choreutes, en les chantant, dansaient l’'Emméleia. Il faut, pour comprendre son caractère, imaginer plutôt un pas rythmé que ce que nous appelons de nos jours une danse, quelque sévère qu’elle puisse être. Chaque mou-

. vement du chœur accusait la valeur des mots, en marquait la cadence.

Ainsi ce Stasimon s’adressait à l'esprit, par la signification de ses vers, à l'oreille, par la mélodie qui l’accompagnait, aux yeux, par la symétrie des attitudes des personnages. Ils pouvaient changer de place, mais ils ne sortaient jamais de l'endroit où ils se trouvaient en le commençant.

Toutes les fois qu'on représentait une tragédie, on exécutait à des intervalles inégaux ces sortes de chants. Leur forme extérieure ne variait pas. Ils étaient composés d’une suite plus ou moins longue de couples de strophes, que terminait ou non une épode?. Ces strophes, ainsi groupées, étaient chantées à l’unisson par les douze ou quinze choreutes s.

Bien qu’elles aient été assez souvent intercalées dans les drames, surtout du temps de Sophocle et d'Euripide, pour donner aux acteurs qui devaient jouer plusieurs rôles dans la même pièce un moyen détourné d'aller changer de manteau et de masque dans la coulisse, ceux-ci n'avaient pas toujours quitté la scène quand on les chantait. Ils n’ont cependant jamais eu le droit de mêler leur voix avec celles de l'orchestre, qui est toujours resté dans la jouissance entière de ses attributions. Parfois cependant ces chants étaient coupés d'exclamations soudaines que faisaient entendre certains personnages dans l’inté-

1. Cf. Buchholtz, Die Tanzkunst des Euripides, Leipzig, 1871, p. 92.

2. Il est certain qu’il y avait des Stasima épodiques. Buchholtz (op. cil., p. 88, 9)

est le seul à le nier. Son erreur provient de ses idées fausses sur le débit général de

cette partie lyrique.

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