‹ Théorie des formes lyriques de la tragédie grecqueChapitre 214 sur 230 · Ibid., 1238 sq · texte numérisé non relu

Ibid., 1238 sq

Anaboles? L'excuse serait bien faible, et cet exemple montre nettement combien dans Euripide les iambes sont parfois supérieurs aux parties chantées.

Cette Monodie est bien médiocre. Le poète a pris la place de son personnage; il s’est glissé sous le masque et le manteau de l'acteur. Il divague et il disserte, oubliant que la victime des Grecs ne peut songer aux roses et aux jacinthes de l’Ida'. Il a beau précipiter ses dactyles, le détail est hors de mise, et nous sommes presque heureux, en entendant un tel bavardage, de savoir qu'Iphigénie n'a plus longtemps à vivre. Il y a peu d'apparence que ce soit là un artifice de l’auteur pour nous faire accepter plus facilement la mort de son héroïne.

Pour finir, je dirai quelques mots d’une Monodie asymétrique de Sophocle, la seule qu’il ait composée dans ce genre.

OEptPE À COLONE : 237 — 253 ?.

Ce Chant d’Antigone met un terme à la merveilleuse progression de la Parodos, qui commence par un thrène à systèmes anapestiques, et continue par un dialogue lyrique, encore asservi aux lois de l’équilibre; la passion croissant toujours, les liens extérieurs se brisent, et l’on arrive enfin au péAos drohkeAvuévov.

Antigone, pour conclure, chante un Solo, qui ne pouvait être formé de strophes égales, à moins d’un recul en arrière. Cette strette devait se chanter d'un seul trait. La jeune fille supplie les vieillards de Colone d’avoir pitié de son père; cette ardente prière est emportée par la passion et l'amour de celle qui la fait. Certains détails de style, et surtout la forme libre semblent empruntés à Euripide. Il est heureux pour lui que son rival l'ait imité, quand les constructions ordinaires du lyrisme auraient été insuffisantes.

2. Texte et scansion de H. Gleditsch, Cantica, p. 197 sqq., trois périodes : la première est en tétrapodies logaédiques à un ou deux dactyles, la seconde est formée

par un système dactylique, la troisième est un mélange d'éléments dactyliques et logaédiques. Comparer R, et W., p. 722.

RÉSUMÉ

Ainsi, dans le genre antistrophique, le Prométhée contient le premier Solo épirrhématique; le dernier se trouve dans les Suppliantes d'Euripide, qui ont été écrites vers 420. Les Monodies sans épirrhèmes sont de la même époque: on cessa de s’en servir en 415. La seule qui soit mésodique est de 413.

Entre 420 et 415, on tendit à rejeter toute symétrie. Nous en trouvons bien encore quelques vestiges dans l’Zon, dont la date est généralement placée avant 420, et dans l’Oreste, qui est de 408; mais dès 428 apparaissent déjà des exemples dans lesquels cette régularité est abandonnée. L’exception ne tarda pas à devenir la règle.

Cette partie lyrique répugnait à tout équilibre extérieur. Qu'elle existât déjà avant les Dithyrambiques, cela est certain. Il n’en est pas moins vrai qu'elle subit leur influence. Longtemps elle resta une sorte de monologue chanté, dans lequel les personnages des drames expliquaient aux spectateurs quels étaient leurs sentiments. Elle était déjà volontiers alloiostrophique, car les analyses psychologiques, de même que les récits des messagers, sont difficilement renfermés dans un moule symétrique. En certains cas, il est vrai, on utilisait encore avec beaucoup d’ingéniosité le contraste qui résultait de la juxtaposition des strophes et des Anaboles', mais ces raffinements furent exceptionnels, et tous les sujets ne s’y prêtaient pas.

Peu à peu le Solo perdit son caractère primitif. Les modernes ont particulièrement à regretter ce changement. IL devint un morceau brillant, plein de chatoyants détails que l’on se plaisait à faire miroiter devant les spectateurs. Il demande alors à être lu sans grande attention : sa grâce factice et mièvre ne tient pas devant une étude un peu approfondie.

Les défauts ne firent que s’accroître. Euripide ne s'arrêta pas sur une pente si dangereuse. À la fin de sa vie, il intercala des Monodies dans ses plus belles pièces, sans se soucier beaucoup de ce qu'il y

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