Plutarque, Thémistocle, c
ne doivent être regardées comme des tragédies primitives. Pratinas luttait déjà vers la 70° olympiade contre Eschyle:, et il est certain qu'il fut composé des drames avant le v° siècle2.
Quoi qu'il en soit, les Suppliantes et les Perses sont, comme chacun sait, les plus anciennes des pièces tragiques qui nous soient parvenues. Elles appartenaient chacune à une trilogie différente; celle-ci y occupait la seconde placeë, et celle-là la premièreh. Ainsi l'ordre de composition dans la triade dramatique n'avait pas d'influence sur la construction.
Quand les poètes purent disposer d’un second acteur, ils cherchèrent bientôt à diversifier le jeu de la Parodos. Le défilé choral, placé en tête de chaque unité tragique, devint aisément monotone et ennuyeux. Aussi l'ouverture de l’'Agamemnon et du Prométhée, premières pièces de trilogies, est-elle déjà écrite en trimètres, et il en est de même dans les autres drames d’Eschyle.
Les dimètres anapestiques des Suppliantes forment dix systèmes, ceux des Perses neuf. Leur étendue respective est fort inégale. Je rappellerai l’idée de Myriantheus5, qui voulut, en comptant, comme il est naturel, un pas par anapeste, préciser la longueur du chemin que parcourait le chœur dans l'orchestre. Il n’est pas commode de savoir quelle était en ce temps-là la grandeur du pas des choreutes, et il est peu probable qu'ils marchassent en ligne droite. Je crains beaucoup que la métrique ne soit ici d’un faible secours à l’archéologie.
Il importe plus d'indiquer le rôle que jouait le coryphée dans l'économie du drame. Pendant ce récitatif, dont chacun devait percevoir nettement toutes les syllabes6, ce personnage disait le pays, la condition, le sexe, les sentiments, les inquiétudes, la raison de l’arrivée de la troupe qu'il commandait. En réalité, ces anapestes servaient