Die Marschlieder des griechischen Drama, p. 122 sqq
6. Celui des Perses est rempli de noms propres. C’est une raison pour que le
coryphée seul. ait pu les prononcer, de manière à être entendu par le public. Cfs Maury, De cantus in Aeschyleis tragoediis distributione, Paris, 1891, p. 8.
de Prologue aux tragédies qui n’en avaient pas encore. Ils mettaient le spectateur au courant de ce qu'il devait savoir pour comprendre ce qui allait suivre. À cette époque, le chœur est l’égal du protagoniste. Plus tard il lui céda le pas. Ce fut à l'acteur que vers 440 les poètes confièrent la mission qui vers 470 incombait encore au chef du chœur. Ainsi le Prologue euripidéen est une transformation du récitatif d'Eschyle. Il est permis de trouver le second moins imparfait et moins maladroit que le premier; mais la tragédie d'Euripide, plus que la nôtre peut-être, est une crise dont le Prologue expose les causes; l'intérêt commence quand il finit. Celle d'Eschyle n'a pas encore perdu le caractère sacré qu’elle doit à son origine; elle s'ouvre par un majestueux défilé de choreutes, qui ressemble à une procession de prêtres de Dionysos ; l'hymne qui scande leur marche est récité par celui qui a la prééminence sur tous les autres.
Quand ces systèmes étaient terminés et que le chœur avait pris sa place habituelle, on commençait le chant des vers lyriques. Ils forment huit couples de strophes dans les Suppliantes, et six dans les Perses. Dans les deux drames, ils reprennent et complètent ce qui a été déjà énoncé. Les faits brièvement racontés prennent de l'ampleur. L’esquisse se colore et s’illumine. Au Solo un peu grêle du coryphée succède le chant plus plein des choreutes. Il ne s’agit pas encore de faire naître l'émotion, mais il faut la préparer. On intéressera donc le public par de nouveaux détails, qui capteront son attention. Quand elle sera éveillée, l'écrivain pourra aller où il voudra: il sera toujours suivi.
Ce ne sont pas des Suppliantes ordinaires, qui réclament aide et protection de la part d’Argos. Par Epaphos, leur ancêtre, elles descendent d’Io, la prêtresse argienne. Diane, la virginale déesse, doit défendre leur virginité. Zeus surtout doit les secourir, sinon elles iront présenter leurs rameaux et leurs bandelettes au dieu infernal, ce qui sera un opprobre pour le maître de l’'Olympe.
De même les vieillards de Suse, quand on sait que l'armée des Perses est partie à la conquête de la Grèce, ne se contentent plus d'énumérer les noms des guerriers, ni ceux des villes qu'ils ont quittées. Ils chantent la marche dévastatrice de l'expédition innombrable; ils vantent la puissance et le courage de Xerxès; mais de même
que les anapestes se terminaient sur une impression douloureuse, ainsi les strophes s’achèvent dans l'inquiétude et dans l'angoisse. L'harmonie finale reprend la phrase du récitatif; elle en multiplie la sonorité et la puissance et, conformément à la dominante du poème, elle en tire toute la tristesse: qu’elle contenait dans ses quelques notes.
La Parodos de l’Agamemnon diffère déjà des précédentes. Elle n’est plus, comme je l’ai dit, au commencement de la tragédie: le Prologue iambique du Veilleur sert d'introduction.
Anapestes : Corÿphée? .... 4o—"71+"72— 103.
AA'B. — IT'AA'EE'ZZ'HH ": Chœurë. 104—:257.
Le chœur défile pendant les nombreux systèmes, qui se divisent en deux parties égales. Suit une triade. On sait que cette forme, inventée, dit-on, par Stésichore, resta traditionnelle dans le lyrisme grech. De Pindare, en particulier, elle passa dans la tragédie, mais elle n’y fut employée qu'avec une extrême réserve. Le grand poète dorien a construit, on le sait, sa quatrième Pythique en répétant treize fois de suite le même groupement. En réalité, toute l'Ode, qui est fort longue, se chantait sur deux airs: celui des strophes et antistrophes, répété vingt-six fois, et celui des treize épodes. Cette simplicité déplut à l’art toujours complexe de la tragédie. Si jamais la triade s’y rencontre, elle marche isolée, et les strophes accouplées ne tardent pas à la suivre. Encore ne fut-elle jamais employée que dans la Parodos. Dans les Phéniciennes d'Euripide, le premier chant du chœur est
1. Autrement dit, les strophes AA’, EE’, ZZ’ ne font que développer la pensée qui est indiquée dans le dernier système anapestique : 59-64.
2. Anapestes : 4o-103. Ils sont disposés comme il suit: 8. 4 + 3. 5. 4 + 3. 5— 4.32 4.5. 4. 5. 3 + 4. Ces deux moitiés ont chacune 32 éléments. La première (4o-71) se rapporte à la guerre, la seconde (72-103) à la situation des vieillards euxmêmes, à leurs craintes et à leurs espérances; cf. H. Weil, Die Gliederung des dramatischen Recitativs bei Aeschylos. (Neue Jahrbücher, 1859, 79° v., p. 723 sq.)
3, AA’. B.: 104-159; str. dactyliques, avec ÉpÜULYLE 5 cf. R. et W.,p. 106 sqq. — T... A”.: str. trochaïques, R. et W., p. 208 sqq. — E... H'.: 192-257: str. iambiques, R. et W., p. 266 sqq.
4. À. Croiset, La Poésie de Pindare et les Lois du lyrisme grec, 2° éd., Paris, Hachette, 1886, p. 57 sqq., et Hist. de la Litt. grecque, II, p. 316 sq.
LES PARODOI. 27
exactement disposé comme ces strophes de l’Agamemnon. Il en est de même de l’Iphigénie à Aulis, du moins dans l’état du texte actuel: Quant aux Stasima, ils ne semblent pas contenir de triades. Si l'épode suit quelquefois une couple de strophes, c’est que le poète n’a pas voulu lui donner sa strophe jumelle. La ressemblance est plus extérieure que véritable. Ce qui le prouve, c’est qu’on n’y rencontre jamais deux triades qui se suivent régulièrement, comme dans les Odès pindariques.
On ne trouve plus chez Eschyle d'autre Parodos ancienne que dans les Sept contre Thèbes. Elle présente une particularité curieuse : les anapestes y sont remplacés par des dochmiaques.
SEPT CONTRE THÈBES : 78 — 180
OMRETIOT En, seine seen spores 18107:
MADRID es re-.ceses rs. 100-100,
Le chœur, composé de jeunes filles, exprime l’effroi dont il est saisi à la vue de l’armée de Polynice, qui s’avance contre la ville en grand appareil de guerre. Elles se précipitent à la débandade, aropddrv, dans l'orchestre, comme nous en avertit le scholiaste. Le rythme caractéristique dont elles se servent suffirait à nous en instruire. Je ne sais d’ailleurs à quelle fraction du chœur étaient en réalité attribués ces vers. Cette question est toujours fort difficile à résoudre. Elle a été reprise et résumée récemment par M. Mauryë. Il répartit tout le prélude à chacun des douze personnages. D'autres divisions sont possibles. Une seule chose reste certaine: on ne peut songer un
instant à un chant à l’unisson des choreutes.
Des sept tragédies de Sophocle, celle que tous les critiques s’entendent à regarder comme la plus ancienne, contient une Parodos à récitatif.
1. Cf. Bergk, Griech. Literaturgeschichte, III, p. 133, n. 436. Voir aussi la préface que H. Weil a mise en tête de l'édition de cette tragédie.
2. Le texte est trop incertain pour que je puisse en donner une analyse métrique. IL est pourtant facile de voir que le fuôudc 6xtéonuos domine. — Schmidt, Die Eurhythmie, p. 314 sqq., n’a rien compris à la disposition de cette Parodos. — Voir Fr. Heimsoeth, De Parodi in Aeschyli fabula Thebana conformatione, index scholarum, Bonnae, 1877-78.