‹ Théorie des formes lyriques de la tragédie grecqueChapitre 57 sur 230 · H. Weil, note d’Electre, au vers · texte numérisé non relu

H. Weil, note d’Electre, au vers

h. Cf. Gevaert: Histoire et théorie de la musique dans l'antiquité, I, p. 547.

LES PARODOI. D)

Le chant des vers lyriques n'est donc pas exclu du drame. À aucune période de son développement, celui-ci n'a pu s’en passer, Seulement ces vers sont tantôt exquis, tantôt médiocres : l'acteur s’est emparé des premiers, le chœur a dû se contenter des autres. Certains chants scéniques témoignent d’un art si précis et si ingénieux qu'ils nous font regretter leur petit nombre. Le Duo entre Hélène et Ménélas, en particulier, est bien ce qu'Euripide a écrit de plus parfait en ce genrer. Le lyrisme s'était transformé. De choral, il était devenu monodique. Au lieu de rechercher les pensées générales, les maximes, les vues d'ensemble, il visait à l'analyse, à la description minutieuse des détails psychologiques, à la traduction fidèle des émotions, dont la suite irrégulière et heurtée se répercutait dans les rythmes. La forme extérieure de ces chants s'était modifiée comme le reste. Tous ces changements, que je ne puis qu’indiquer ici d’une façon sommaire, furent favorisés par l'influence prépondérante que, vers la fin du v° siècle, l’acteur avait fini par acquérir dans la tragédie athénienne.

On n'est donc pas trop surpris de voir que dans la Parodos de ce drame l'air de la strophe que chante le protagoniste est repris, quand il a terminé, par les quinze choreutes à La fois. Non seulement l'acteur tient tête au chœur, mais il le précède, il le guide, il lui montre le chemin, et l'orchestre n’ose élever la voix qu'après la scène. Il faut qu'il attende qu’elle se soit tue, non pas pour lui donner la réplique, mais pour reprendre et développer à son tour ce qu'elle a chanté.

À : Hélène.

B — B': Chœur.

PRET RE A ax

Teucer vient d'annoncer à Hélène les malheurs qu'a causés le fan-

Page 1