‹ Théorie des formes lyriques de la tragédie grecqueChapitre 72 sur 230 · QUE · texte numérisé non relu

QUE

ble que le dochmius est une combinaison de l’iambe et du crétiquer. Ce qui induit à le croire, c’est qu’on le trouve à chaque instant employé avec des trimètres, pareils à sa partie initiale, et qu’il est souvent accompagné de crétiques, semblables à sa partie finalez. Le dochmius valait huit unités de durée3, et s’il n’est formé que de brèves, comme cela arrive souvent chez Euripideé, il est composé de huitsyllabes.

Ce mètre se trouve une seule fois dans les Stasima d’Eschyle5. Cela est à noter. Îl ne convient pas aux chants orchestiques. Son agitation est trop vive pour leur passive sérénité. Quand on força le chœur à s’en servir, on voulut qu’il copiât le jeu des acteurs, pour lequel il n’était pas fait. Nous verrons ce que cette imitation a produit dans le théâtre d’Euripide.

Telle est la nomenclature des rythmes du Stasimon dans Eschyle. IL resterait à marquer leur rapport particulier avec le sujet qu'il traite, c'est-à-dire à expliquer les raisons qui l'ont guidé dans leur choix. Je renverrai le lecteur aux ouvrages spéciaux. D'ailleurs plusieurs coins de ce champ de la métrique resteront toujours dans l'ombre, car s’il est aisé de constater que les vers péoniques, ioniques, dochmiaques, glyconiques sont employés dans des situations assez nettement définies, il me semble difficile, à moins de se payer de mots, d'expliquer pourquoi tel Stasimon est composé dans la première couple d'éléments logaédiques, dans la seconde et dans la troisième de logaédiques et d’iambiques mélangés, dans la quatrième d’iambiques purs. Cet art a trop de finesse et de variété. Il nous échappe à chaque instant. Comme les couleurs du prisme, qui se juxtaposent sans se mélanger, bien qu'il soit impossible de dire où chacune d’elles commence et se termine, les rythmes grecs se combinent souvent dans certaines strophes et se fondent en des nuances indécises, où les regards ne distinguent de loin que des tons nets et vigoureux.

not par un spondée,. (Notes supplémentaires de sa seconde édition des sept tragédies d’Euripide, p. LIIL.) " 1. H. Gleditsch, Métrik der Griechen und Rômer, p. 766.

2. Louis Havet et Louis Duvau, Métrique, 3° édition, p. 305. — Cf. Quintilien, IX, 4. — Comparer Steiger, De versuum paeonicorum et dochmiacorum apud poetas . Graecos usu ac ratione: Progr. du Realgymnas. de Wiesbaden, 2 parties, 1886 et 1887: 3. ’Oxräonuos puôuéc, schol. d’'Eschyle, Sept, v. 98, éd. Wecklein-Vitelli;

h. Cf. Oreste, 149,56 — 162,3, et très fréquemment ailleurs, 5; Choéphores, Stasimon III, 935-972.

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