‹ Théorie des formes lyriques de la tragédie grecqueChapitre 71 sur 230 · Cf. Th. Bergk, Griech. Lit., III, p. 114 sqq · texte numérisé non relu

Cf. Th. Bergk, Griech. Lit., III, p. 114 sqq

LES STASIMA. 81

Restent les logaédes et les dactylo-épitrites. A l'origine, le vers logaédique n'était peut-être qu’une variété du dactylique, puisqu'il ne contenait que des dactyles, sauf à l’avant-dernier pied, qui était un trochée:; mais il vit peu à peu les trochées devenir plus nombreux que les dactyles, et ce pied fondamental, n'étant plus le plus fort, dut probablement se contenter des trois unités de durée des trochées devenus les maîtres ?. Le rythme logaédique rentre donc, lui aussi, dans le Genre double. Quant aux dactylo-épitrites, qui sont un mélange de dactyles et d’épitrites seconds, ils forment des vers qui sont encore une variété du rythme dactylique. Ils appartiennent donc, contrairement aux logaédiques ordinaires, au Genre égal, parce que le trochée, selon l'opinion générale, y vaut quatre temps.

Il nous a été conservé des strophes dactyliques d’Alcman, de Stésichore et d'Ibycus4; nous savons d'autre part que l’anapeste a été usité dès la plus haute antiquité dans les chants religieux ou guerriers; que Fiambe et le trochée formaient déjà des strophes dans Archiloque5 et dans Anacréon 6; que les ioniques étaient employés dans les chants en l'honneur de Dionysos et de Démèter, et que le lyrisme choral faisait usage des péons avant la tragédie7. Quant aux strophes logaédiques, on les connaissait déjà du temps d’Alcman 8, et rien n’est plus fréquent que les dactyles et les épitrites dans Pindare.

Le seul point où la tragédie semble avoir innové, c’est dans le mètre dochmiaque. On connaît le livre de Seidler sur ce sujet®. Il est proba-

1, Cf. Havet-Duvau, Métrique, 3° édit., p. 166. 2. Quelle était alors la valeur de chacune des syllabes de ce dactyle? Question fort obscure. La solution la plus plausible me paraît être celle d’A. Croiset, Pindare, p.45, note. 3. Voir les ouvrages de Métrique de Schmidt, de Christ et de Gleditsch. . Cf. Rossbach et Westphal, Griechische Metrik, 3° édit., p. 90 sqq. . Fragments 86-7-8 des Poelae lyrici graeci de Bergk. . Fragments 75-76 du même éditeur, : . Cf. H. Gleditsch, Metrik, p. 744. — Thalétas se servait des mètres péoniques et DR PET Cf. Plutarque, De Musica, X.

8, Ibid., p. 764. D’autre part, les strophes logaédiques d’Alcée et de Sappho sont fort connues, sans parler de celles de Stésichore, de Simonide et de Pindare.

9. De versibus dochmiacis tragicorum graecorum, Lipsiae, Pars prior, 1811; Pars posterior, 1812. — Sur les monomètres, dimètres dochmiaques et sur les éléments rythmiques avec lesquels ils s’emploient, consulter les Métriques, dont j’ai donné la liste en tête de ce livre. Plusieurs traités spéciaux ont été écrits récemment sur ce sujet. — Ne pas oublier la règle qu'Henri Weil a formulée: lorsque la finale longue d’un mot enjambe d’un dochmiaque à l’autre, elle est toujours suivie de deux brèves, c'est-à-dire que, dans ce cas, le sécond dochmiaque doit commencer par un dactyle et

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