‹ Théorie des formes lyriques de la tragédie grecqueChapitre 82 sur 230 · DE L'ÉGALITÉ MÉTRIQUE ENTRE À ET À · texte numérisé non relu

DE L'ÉGALITÉ MÉTRIQUE ENTRE À ET À

L'antistrophe devait avoir la même valeur métrique que la strophe, puisque le chœur les chantait l’une et l’autre sur le même air, comme deux couplets d’une chanson moderne. Chez nous, la syllabe ser-

-vant seule à mesurer les vers, l'égalité des strophes suppose l'égalité absolue, dans la déclamation ou dans le chant, de la somme des syllabes prononcées. Il n’en était pas exactement de même chez les Grecs. Les temps musicaux constituaient les unités métriques, de sorte que deux strophes devaient, pour se répondre, avoir le même nombre de temps.

Est-ce à dire que celui des syllabes était indifférent, et qu’une longue de la strophe pouvait être représentée dans l’antistrophe par deux brèves et réciproquement? On serait peut-être tenté de le croire au premier abord, puisque dans les vers iambiques du dialogue, par exemple, le tribraque pouvait être placé à tous les pieds, sauf au dernier. En réalité, cette substitution doit être regardée comme une licence2. Elle devint de plus en plus fréquente dans l’usage. Rare chez Pindare, Eschyle et Sophocle, elle se multiplie dans Euripide. L'examen rapide des faits suffit à le montrer.

Étudions, en effet, le rythme qui est cher à Pindareë, je veux parler de celui qui est formé du mélange des dactyles et des épitrites seconds. Ici, le dactyle ou le spondée comptait pour quatre temps pleins. Je ne sais pourtant si jamais un dactyle s'oppose à un spondée; s’il y a

1. Je sais bien que les remarques que je vais faire pourraient trouver leur place dans le chapitre de la Parodos ou du Commos, mais il m’a semblé qu’elles étaient surtout de mise dans l'étude du Stasimon, qui par définition, pour ainsi dire, doit être antistrophique.

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