LA LETTRE
semaine se passait entre deux « ordinaires » (i).
Enfin, le télégraphe iui-mème conliibue à la décadence dont nous parlons, en attendant que le téléphone vienne l'accélérer encore. Pour s'éviter la peine de tourner agréablement une lel' ' coup de gens expédient une dépêche ei d'une concision barbare.
Cependant, en déplorant l'infériorité de notre époque, il ne faudrait pas ex cause de la facilité des communications, sont devenues plus fréquentes, par conséq sont souvent courtes et banales. Toutefoî nombre, n'en esl-îl pas de fort intéress ont un vrai mérite littéraire? On serait p le vrai, en disant que l'on écrit autant e par le passé, parfois aussi bien, — car 1< et les Voltaire sont des exceptions, — sur les mêmes sujets. Ici encore, il y a eu dans la matière do la lettre. A notre éj journaux du lendemain publieraient, par toutes les circonstances de la mort de M™' de Sévigné n'aurait pas à l'annonce raconter à M™ de Grignan. Les faits ] militaires et quantité d'autres, ne sont objet de récit par lettre. Mais les inciden vie privée que des personnages politiques, généraux, des savants, de grands écriva grands saints confient, par la poste, à l'histoire de leur pensée ou de leur cœui gement sur les hommes et les événement voilà les sujets de lettres nombreuses ai encore. Quand ces correspondances soni
(i) Sous Louis X[V, de Paris aux grandes villes < il y a deim courriers, ou < ordinaires t, par seine
publicité, nous les estimons, avec raison, aussi chantes que le récit de la mort de Vatci ou d'un indie chex les Guitaut. Tel est le genre d'attrait, 1 parler du plaisir littéraire, que nous trouvons, r citer les principales, dans les correspondances . de Maistre, et, plus récemment, de L. Veuillot, Flaubert et de Taîne. En terre française, l'eset l'amitié ne sont pas choses mortes ou près mourir.