‹ Théorie des peines et des récompenses; (volume 2)Chapitre 11 sur 110 · DES CAS OC LA UÉCOMPENSE ET LES PEINES SE COMBINENT · texte numérisé non relu

DES CAS OC LA UÉCOMPENSE ET LES PEINES SE COMBINENT

Il est des cas où il ne faut employer ni la peine seule ni la récompense seule ; il faut coaliser leurs forces. La loi dit alors au citoyen . « Obéis, et lu auras telle récompense; désobéis , tu subiras telle peine. »

Cette union des deux moyens convient surtout aux cas où le service que demande la loi dépend d'un petit nombre d'individus , en vertu d'une position particulière où ils sont placés. ~ S'agitil , par exemple , de saisir un coupable au moment du délit, de le dénoncer à la justice, de le poursuivre, etc. , il est bon, pour assurer le service, de joindre ime peine pour l'omission à une récompense pour l'accomplissement.

Dans ces cas , la peine est utile de deux manières : d'abord par sa propre force , ensuite parcequ'elle soutient la valeur de la récompense. L'opinion publique est peu favorable à ceux qui» pour ces services juridiques, acceptent des offres lucratives; mais qu'on y ajoute un motif pénal, l'opinion publiijue sera moins sévère. Celui qui

ET LV PEINE SE COMlilNENT. 2 1

intente une poursuite pour se sauver (Vune peine paraît tout au moins excusable , comme ayant ce'dé à un sentiment naturel ; cependant c'est plutôt de Tindulgence qu'on lui accorde que de l'approbation. Ce pre'jugé est nuisible, mais il existe ; et il faut traiter les opinions d'après ce qu'elles sont, et non d'après ce qu'elles devraient être. Ce cas n'est pas le seul où les hommes demandent que Ton contraigne leurs inclinations pour être libres de s'y conformer.

Une des écoles royales d'Angleterre me fournit un exemple qui mérite d'être connu. Toute une classe, rangée autour du maître, commence un exercice. Le premier écolier fait-il une faute ? le second , en la relevant, prend aussitôt sa place ; si ce second ne s'aperçoit pas de la faute , ou ne sait pas la corriger, le privilège passe au troisième, et ainsi de suite. Cette priorité donne quelques distinctions flatteuses.

On voit ici la combinaison utile des deux ressorts.

Si l'on voulait engager le jeune écolier à dénoncer la faute de son camarade par la seule force de la récompense , l'opinion formée sur Tintérèt général serait défavorable à la dénonciation ; mais quand les jeunes concurrents, lancés dans cette arène, peuvent dire pour leur justification qu'ils n'ont déprimé leur voisin quo

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