LIVRE QUATRIEME. Des encouragements par rapport a
l'iNDVSTRIE et kV COMMERCE, 267
Introduction de l'éditeur. — Ce 4* livre est un manuel d'économie politique. — En quoi il diffère du traité de Smith sur la richesse des nations. — Réduction à un seul principe, la limitation de l'industrie par la limitation du capital. — Ce manuel est élémentaire. — Qu'en économie politique il y a beaucoup à apprendre et peu à faire. — Que les maîtres de cette science ont toujours été les défenseurs de l'ordre social ; qu'ils ont combattu les préjugés les plus nuisibles sur l'égalité et la distribution des richesses ; qu'ils ont prouvé que les intérêts qui unissent les hommes l'emportaient sur les intérêts qui les séparent, etc. . etc.
Cbap. i". Notions préliminaires 278
Richesse, — Sa déûnitiou, — sa source — se ruppoile à quatre objets: subsistance, jouissaDce, défense, accroissement. — Rente. — Définition. — Capital. — -Et, qu i est compris sous ces termes, cinq moyens par lesquels s'augmente la richesse générale.
Les actes spontanés des individus supposent inclination, connaissance , pouvoir. — Ce que peut le gouvernement par rapport à ces trois chefs.
Chap. II. 1° Que l'industrie est limitée par le capital ; 2° (jue les indi\'idus intéressés sont les meilleurs juges de l'emploi de leurs capitaux 282
La première de ces deux propositions, par le capital, admise aisément en théorie, et non dans ses applications.
Le bon emploi des capitaux dépend: 1° du choix de l'entreprise; 2'' de l'exécution. — L'intérêt privé est le meilleur guide: i° à raison de ce que l'individu intéressé a plus d^occasions pour s'instruire des détails que les membres du gouvernement ; 2" plus de motifs pour y donner toute son attention ; 3" plus de connaissances pratiques pour former son jugement.
Supposition absurde qu'il faut admettre pour justifier l'intervention réglementaire. — Cas d'exception pour raison de subsistance ou de défense.
Chap. m. Prêt de capital 288
Inconvénients que cette mesure présente: 1° le prêt est le fruit d'un emprunt forcé; 2" il est sujet à être mal appliqué ou dilapidé; 5° il est inutile pour une entreprise bonne par elle-même. — Cas justifiable, un prêt dans une détresse momentanée.
Chap. IV. Don de capital 292
Mêmes objections, et aggravées : r par la perte du ca-
pilai; 2° par une plus grande chance de dilapidation. — Capital avancé en fournitures de travail. — Moyen moin? mauvais que le dun en argent.
Chap. V. Des primes sur la production 394
Somme donnée. à un manufacturier, à raison d'une certaine quantité d'articles finis. — 1° La pièce donnée postérieurement à l'ouvrage n'a pas augmenté le poavoir du producteur. 2° Si l'industrie dont il s'agit est assez lucrative pour payer le producteur, la peine est superflue; 5° si l'industrie est un commerce perdant , la prime qui le maintient est une perle positive. — Faux raisonnement des partisans de cette mesure. — Plus la production favorisée par la prime augmente, plus la perte du fisc est grande. — La prime fait baisser le prix de l'article favorisé. — La prime n'augmente point l'abondance de l'article, relativement à la consommation. — Que résulterait-il en Ecosse d'une prime sur l'avoine qui en ferait baisser le prix ? Les gages du travail baisseraient dans la même proportion. — Résumé.
Chap. vi. Des exemptions d'impôt sur la production. 3o5 ^ Prime déguisée. — Toute exemption sur la production serait bonne dans un sens absolu. — Mais la faveur de l'exemption est une faveur pour les productions imposées. — Une telle mesure demande toujours une raison justificative.
Chap. vir. Primes sur l'exportation 3o5
L'article eût-il été payé par les étrangers à sa valeur , la prime est superflue. — N'eût-il pas été demandé par eux à raison de sa cherté, la prime donnée au manufacturier le met en état de baisser le prix. — Et dans ce cas, l'étMt qui supplée la prime paie les étrangers pour acheter ses produits. — Développements des effets de la
primo, comme ilon fiiil aux étnuigers. — Alarmes riiliciile'i dos gouvernements qni ont souvent prohibé les articles dont nu autre gouvernenienl voulait lavoriser l'exportiUion. — Folie de prohibitions et contre-probibitions entre l'Irlande et l'Angleterre.
Cbap. VIII. Prohibition des manufactures rivales. . . . 3io
Mode d'encouragement nuisible ou nul. — Nul, si l'objet prohibé était de ceux qu'on n'importerait pas. — Nuisible : i" par les mauvais eifets du monopole. — Prix plus cher pour les consommations. — Qualité inférieure des objets fabriqués. — Faveur accordée à une classe do manufacturiers aux dépens des autres. 2° Perle nationale. Ouvriers et capitaux employés à perte pour ne pas recevoir, et qu'une autre nation peut fournir à meilleur marché. — Inconvénients collatéraux. Le système prohibitif source de taux frais, de vexations et de délits. — Absurdité de l'idée de se suffire à soi-même et d'anéantir le commerce étranger.
Chap. IX. Fixation du prix des denrées 3i5
On a imposé les denrées: 1° pour en diminuer la consommation, en augmentant le prix. Par exemple: les liqueurs spirituelles. 2° Pour forcer une réduction des prix. — Inconvénients de ce moyen. — Celui de détériorer les objets ainsi taxés, ou de faire abandonner ce commerce. — Inquiétude sur les prix mal fondée. — Leur fixation naturelle par la concurrence entre les vendeurs et les acheteurs.
Fixation du prix des journées. — Injustice de cette mesure . quand elle a pour but de prévenir la hausse des salaires. Elle favorise le maître aux dépens do l'ouvrier. — Danger de cette mesure, quand elle a pour but de
prévenir la baisse des salaires. Elle aggrave la détresse qu'on veut soulager.
Ghap. X. Impôts. Leurs conséquences sur l'industrie et le commerce 3 18
Mal général des impôts employés comme moyens indirects d'encouragement ou de découragement. — Devancer le cours naturel du commerce.
Trois questions qui épuisent le sujet:
1° Conséquences d'un impôt mis par les étrangers sur nos manufactures.
2" Conséquences d'un impôt mis par nous-mêmes sur des objets de notre consommation.
3° Conséquences d'un impôt mis par nous-mêmes sur des articles de notre exportation.
Distinction dans chacun de ces trois cas des effets permanents de l'impôt et de ses effets temporaires. — Les premiers de peu d'importance, les seconds malfaisants, à proportion de ce que la consommation est diminuée. — Lois à faire entre les nations pour donner de la stabilité Qu commerce. — Les jalousies contre les nations riches, fondées sur des méprises. — Erreur des gouvernements dans la préférence qu'ils donnent au commerce d'exportation. — Le principe de l'industrie subordonnée au capital fait tomber une multitude de fausses opinions. — Maux résultant des gênes réglementaires ; se réduisent à deux chefs : 1° différence de proQt entre l'emploi plus avantageux d'un capital, et l'emploi moins avantageux ; 2° différence de prix entre l'article laissé libre et le même article soumis à des règlements.
Chai'. XI. De la population SaS
Inutilité de toute loi d'encouragement. — Population en raison des moyens de subsistance et des besoins. —
DKS MATIÈRES. 4-^7
Que le? niolils qui portent au mariage sont assez forts par euxinènies. — Que les classes profJuttives ne doivent pas augmenter. — Note. Erreur de Montesquieu dans l'approbation donnée aux lois d'Auguste pour punir le célibat. — Erreur de Louis XIV , dans la fondation de Saint-Cyr. — Ce qu'on doit penser des clameurs contre le» grandes villes. — Des émigrations. — Des immigrations.
— Note sur divers moyens proposés par M. Beausobre de Prusse, pour augmenter la population.
Chap. XII. Des colonies 356
Qu'elles ajoutent à la richesse générale du monde , — et non à la richesse de la mère patrie. — Que les nouvelles jouissances ont supplanté les anciennes. — Effets des mines d'Amérique sur la richesse. — Avantage pour les colonies de sortir des tiges européennes les plus saines,
— d'être gouvernées par des hommes supérieurs. — Que c'est à la mère patrie à désirer l'émancipation.
Trois arguments employés pour prouver l'avantage des colonies, pour le pays qui les possède :
1" Les richesses des colonies se versent dans les métropoles.
2° Le pays maître des colonies établit un double monopole sur les colons.
5° Les droits qu'il lève sur son commerce avec les colonies diminueraient beaucoup si elles étaient indépendantes.
Réfutation de ces trois arguments.
Autres considérations sur le malheur de la dépendance des colonies. — Leur histoire tragique au plus haut degré.
— Combien l'Angleterre a gagné par l'affranchissement (le l'Amérique. — Questions résolues. — Ne doit-on faire aucun établissement ? — Doit-on affranchir ses colonies P
Chap. XIII. Des moyens par lesquels la richesse s^accroîl. 356
Enumcration de cinq moyens.
1° Augmentation des travailleurs. — Bannissement des préjugés défavorables au travail. — Emploi produclil" d'hommes qui par état ne produisent rien, prisonniers , mendiants , soldats , etc. — Travail libre substitué au travail stérile.
2° Augmentation des capitaux, — par l'économie, — par addition à la masse du numéraire métallique. — Addition , richesse nette pour un individu , non pour une nation. — Résultat de celte addition faite au numéraire de la communauté, augmentation dans le prix des choses vénales. — Effets du papier monnaie.
5° Emj)loi plus avantageux des capitaux. Leur échelle: 1° la culture des terres. — Ne lui donner aucun encouragement positif, ôtcr les entraves. — Que les grands terriers améliorent peu leurs domaines. — 2" Les manufactures de consommation intérieure ; 5° les manufactures pour exportation. Théorie sans influence sur la pratique.
4° Augmentation de l'effet du travail par la division du travail, — par les machines, — par les moteurs plus puissants que l'homme, — par la simplification des procédés, — par la diminution des frais de transport. — Sur quoi est fondée l'opposition aux machines.
5" Avantage du commerce. — Tout commerce libre avantageux — En quoi consiste la balance réelle. — Supériorité obtenue par le génie. — Idée vulgaire de la balance du commerce. — Défense d'exporter l'or, mesure très mauvaises! elle pouvait réussir; très inepte, parcequ'elle ne le peut pas. — Limitation de la liberté du commerce dans des raisons de défense cl de subsistance. —
Ce que le gouvernement peut pour le commerce et l'in- (histrie se réduit: i" à des instructions recueillie? avec soin et données au public; 2° à l'établissement des patentes ou brevets d'invention ; 5" i'i publier les prix du commerce; 4° à punir de taux les artisans qui usurpent la marque d'un autre. — Combien les privilèges accordés aux inventeurs remplissent tous Its buts de la récompense. — Abus qui s'est introduit en Angleterre A cet égard. Chap. XIV. Abolition du taux fixe de l'intérêt de l'argent
dans les entreprises commerciales 58o
Toute loi gênant la faculté d'emprunter, contraire à l'industrie , — en prévenant toute entreprise à laquelle i'iDlérêt ordinaire ne suffit pas, — en limitant le nombre de ceux qui voudraient s'y intéresser. — Objection de Smith contre l'intérêt illimité ; on risquerait d'encourager des projecteurs téméraires. — Réponse , principes posés par Smith lui-même, dont on peut se servir pour le combattre. — La censure des projecteurs porte sur toute industrie nouvelle. — Un projecteur qui se ruine n'est pas inutile. — Les lois qui fixent l'intérêt ont à un certain point leur remède dans les moyens de les éluder. — Mais il en résulte de mauvais effets, en particulier, celui de nuire à des projecteurs utiles. — Caractère du vrai génie et des difficultés qu'il trouve en lui-même et dans les autres. — Supériorité des charlatans dans l'art de persuader. — Idée d'un traité à faire sur les projets en général.
Résumé de l'étude de l'économie politique: il y a beaucoup à apprendre et peu à faire.