‹ Théorie des peines et des récompenses; (volume 2)Chapitre 32 sur 110 · RECOMPENSES POUR DELATION · texte numérisé non relu

RECOMPENSES POUR DELATION

» ticulier. » C'est que, selon lui , (( une telle loipré- » viendrait V union des méchants y en inspirant à cha- » cund'eujcla crainte de s'ea poser seul au da?iger; » et quelle ne donnerait pas de V audace à des scé- » lérats qui voient qiCily a des cas oîi l'on a besoin » d'eux. » C'est précisément le contraire. La déclaration particulière suffit pour semer la défiance dans l'association des méchants ; elle suffit pour que chacun d'eux puisse voir dans son complice l'instrument futur de sa condamnation. C'est la loi générale qui montre aux scélérats qu'on croit toujours avoir besoin d'eux; c'est elle qui est propre à leur donner de l'audace, en leur offrant un moyen sûr de rédemption, au moment où ils n'auront plus d'autre ressource.

« Une pareille loi y ajoute Beccar'vd , de<^>rait foin- » dre à l'impunité le bannissement du délateur. » Mais à quoi servirait cette restriction, sinon peutêtre à rendre nul dans bien des cas l'efficacité de ce moyen! C'est par inattention qu'il parle de joindre le bannissement à l'impunité, puisque le bannissement est une peine '.

' Dans la dernière édition de Beccaria , laite à Paris eu 1^97, on a joint quelques notes de Diderot, niallieureuseinent trop courtes et trop peu nombieuses. Je transcris celle qui se rapporte A ce chapitpe.

« L'incertitude des tribunaux et la faiblesse de la loi à l'égard d'un crime connu sont de notoriété publique. On tâcherait en vain de les dissimider ; et rien ne peut balan-

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