ET DE L.\ REGIE
Tel service sera mieux cxccutd par Xdi ferme , tel autre par la iv^ie.
A s'en tenir aux principes généraux, on déciderait pour la ferme contre la régie ; car , sous le système de la ferme, les intérêts auxquels remployé veille sont devenus, par le contrat qu'il a fait, les siens propres ; landis que , sous le système de la régie, les intérêts auxquels l'employé veille restent les intérêts de Tétat, c'est-à-dire les intérêts d'autrui. Dans le premier cas, les sous-cmployés sont les serviteurs même de l'employé principal ; dans l'autre cas , ils ne sont que les serviteurs du public. Or, « les serviteurs du maître le plus négligent, dit M. Smith, sont mieux surveillés que les serviteurs du prince le plus vigilant. » Si cette observation n'est pas une règle infaillible, elle peut passer au moins pour une règle générale.
Cependant l'opinion publique est peu favorable au système de la ferme. Les épargnes qui en résultent pour l'état ne sont point en vue, tandis que les profits faits par les fermiers sont visibles et très susceptibles d'être exagérés. Ainsi c'est un point sur lequel le peuple et les philosophes , ceux qui jugent d'après le sentiment et ceux qui font profession de juger d'après l'examen, sont assez d'accord. Les objections contre les entrepreneurs et les fermiers (car elles portent plus sur
les personnes que sur la chose ) sont spécieuses.
i" Les fermiers sont opulents. — S'ils le sont trop , il ne faut pas s'en prendre au système même , mais aux conditions du marché qu'on fait avec eux.
1° Les fermiers sontfastueuoc et orgueilleux. —■ Qu'importe? De tels maux inappréciahles, ou, pour mieux dire, imaginaires, ne sont pas de ceux que l'on doit admettre dans les calculs politiques. Leur faste appelle beaucoup d'individus à partager leur fortune; leur orgueil trouve son contre-poids et sa punition dans l'orgueil de ceux qu'il incommode.
3° Les fermiers excitent VenK'ie du peuple. — Autre mal incertain et toujours exagéré. Contre la peine d'envier, mettez le plaisir de médire. D'ailleurs ces sentiments d'antipathie, s'ils existent, supposent des fortunes rapides et extraordinaires qui ne peuvent guère avoir lieu si la concurrence est ouverte à tous, si l'administration ne fait pas dans ses marchés de grandes fautes, par faveur, par corruption ou par ignorance.
4° Les fermiers sont durs et sans entrailles. Pour assurer le recouvrement des impôts dont ils sont chargés., ils font établir des lois cruelles. — Si les lois sont cruelles, c'est aux législateurs qu'il faut s'en prendre et non aux fermiers. Que les impôts soient en ferme ou en régie, il importe