DIVISION DES ARTS
tions, à représenter nuemenl et simplement, sans blàmc ni louange , les mollis qui gouvernent le genre humain. Aussi nos langues, bien commodes pour la haine, sont bien quinteuses et bien revêches pour la raison. Tel est le mal qu'ont fait ou qu'ont accru les auteurs satiriques.
Quant aux arts et aux sciences àcpur agrément^ j'ai déjà dit pourquoi , chez les nations riches et prospères, il ne faut point constituer le public en frais pour les récompenser. Les particuliers leur donneront toujours un degré d'encouragement proportionné aux plaisirs qu'ils en retirent. Ce n'est pas que le souverain doive se refuser la satisfaction de récompenser aussi l'amusement qu'il veut puiser dans des sources si pures; mais cequil fait en ce genre , il doit le faire plutôt comme particulier que comme homme public.
Puisqu'on obtient sans frais les arts agréables , il faut encore moins se constituer en dépenses pour les arts curieux.
Quant aux arts et aux sciences immédiatement utiles, et à ceux dont l'utilité est plus ou moins éloignée^ il ne serait pas nécessaire ni peut-être possible de conserver entre ces deux classes une ligne exacte de démarcation. Théorie cipratiqu'., cette distinction s'applique à tous également. Or, du côté de la théorie , c'est-à-dire des propositions préliminaires ou générales, il n'est aucun
ail, iiuMiio tic tciiv cîonL le service esl eonlimiel, qui ne semble s'éloigner de nous , et passer de la classe des aits iininédialeiiicnt utiles à celle des arts d'une utilité éloignée. C'est ainsi (|ue la médecine et la législation ( ces arts si pratiques), considérés sous un certain aspect , paraîtront dans le même élolgnement, par rapporta l'utilité, (jue les sciences spéculatives de la logique et des mathématiques. D'ailleurs , il est telle branche de science qui , après avoir resté longtem[)s parmi les objets de pure curiosité, cultivée par des mains industrieuses , présentera des caractères d'utilité immédiate. L'électricité , qui, dans sa naissance , ne semblait destinée qu'à amuser quelques philosophes par la singularité de ses phénomènes, a été employée avec succès au service de la médecine, et sert à protéger nos habitations contre ces calamités terribles auxquelles l'antiquité ignorante et consternée ne savait trouver de cause suffisante que dans la colère spéciale des dieux.
Ce que l'état doit faire pour les arts et les sciences utiles peut se rapportera trois choses-: 1° favoriser leur avancement ; 2" contribuer à leur diffusion; 3° lever les découragements qui les gênent.
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