‹ Théorie des peines et des récompenses; (volume 2)Chapitre 84 sur 110 · J^O PRET · texte numérisé non relu

J^O PRET

Ajoutez à cela la grande probabilité que le capital ainsi prêté ne sera appliqué qu'à des branches d'industrie moins productives que celles auxquelles il se serait porté naturellement de lui-même. Quel est l'argument de l'emprunteur? que le commerce qu'il veut établir est nouveau, ou qu'il faut soutenir un commerce établi : mais pourquoi faut-il que le gouvernement s'en mêle , sinon parceque les individus qui calculent leurs intérêts ne veulent pas s'en mêler. La présomption est donc contre l'entreprise.

Mais cet argent prêté aura pris la direction la plus avantageuse possible ; soit ! c'est une affaire de hasard, et le prêt n'est pas justifié; il n'était pas nécessaire. Pour placer ses capitaux de la manière la plus avantageuse , il ne faut que connaître ce placement. Si on les place moins bien , c'est qu'on ne sait pas les placer mieux. C'est la connaissance qui manque ; il faut informer et non prêter. Si le gouvernement ne peut pas dire quelle est la manière la plus avantageuse de placer un capital , il peut encore moins le placer lui-même; s'il peut le dire, c'est tout ce qu'il faut. Quand l'argent du gouvernement n'aurait pas pris cette direction , celui des particuliers l'aurait prise , si on les eût éclairés et laissés libres.

11 y a toutefois des circonstances où un prêt

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serait justifiable; lorsqu'il s'agirait, non d'encourager des entreprises nouvelles, mais de secourir quelque commerce qui souffre, et qui n'a besoin que d'être soutenu un moment pour traverser une crise de suspension ou de péril. Ce n'est pas une spéculation de la part du gouvernement ; il agit sur le principe de V assurance contre une calamité qu'il s'agit de prévenir ou d'adoucir. Dans ce cas de détresse , les particuliers ne viendraient pas d'eux-mêmes à l'appui des négociants dont les affaires périclitent : il faut donc qu'on y supplée. Ce n'est pas un régime , c'est un remède.

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