CHAPITRE IV
DONS DE CAPITAL , OU CAPITAL PRÈlÉ SANS INTÉRÈT.
Un doîi gratuit, en forme de capital, pour encourager une branche de commerce ou d'industrie , est une mesure qu'on croirait fort bonne , si on en jugeait par le nombre des cas où elle a été adoptée.
Ses inconvénients sont les mêmes en espèce que ceux du prêt ; mais ils diffèrent beaucoup en degré. Dans le cas du prêt , si le remboursement a lieu , la même somme remplira le même office une seconde fois, et ainsi de suite. L'acte onéreux par lequel le souverain s'est procuré le capital n'a pas besoin d'être renouvelé; mais si, au lieu de prêter, il donne , — autant de fois qu'il réitère cette faveur, autant de fois faut-il réitérer l'exaction forcée de l'impôt : et , à chaque fois , on peut dire que le produit de cet impôt est perdu , si on le compare à l'usage qu'on aurait pu en faire pour le soulagement du fardeau public.
On a observé que les dons gratuits étaient encore plus sujets à être dilapidés que les prêts , soit
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parceque , dans ce dernier cas, il y a toujours une responsabilité, soit parceque l'argent reçu en don linul à faire un prodigue : comme il est venu sans peine, il paraît avoir moins de valeur.
On a quelquefois donné un capital, non en argent, mais en nature, en avançant à un manufacturier, par exemple, les articles dont il avait besoin pour compléter ses moyens de travail.
Ce moyen aura bien quelque effet pour s'assurer que la cbose en question sera employée à l'objet déterminé. Cependant ces fournitures, dont le gouvernement se mêle, sont ordinairement plus chères et de moins bonne qualité que celles que l'individu, avec une somme égale en argent, aurait pu se procurer à son propre choix. Ce moyen n'est pas le meilleur à prendre avec des hommes dignes de confiance ; et il ne vaut guère mieux avec ceux auxquels on peut moins se fier; car, après qu'on les a mis en possession , ils peuvent convertir ces articles en argent, et les dissiper. Il y aurait des mesures qui obvieraient à ce danger, la surveillance , les cautions , etc. ; mais quand il s'agit d'un moyen radicalement mauvais, il ne vaut pas la peine de discuter les nuances comparatives de tel ou tel mode par lequel on peut en diminuer les ris(jues.