II. Augmentation de la masse des capitaux
La masse des capitaux s'augmente par les productions du travail au-delà des consommations.
L'addition à la masse de la richesse dans une année est la somme des économies faites par tous les individus dans la même année, c'est la différence entre les valeurs produites ou importées, et les valeurs détruites ou exportées dans le cours de la même année.
L'addition faite à la richesse pécuniaire d'une
que en entier d'agricoles, elles faisaient les fossés, les retranchements et autres ouvrages de camp avec une facilité qui étonnait leurs adversaires. Les armées russes ont 1« mrmc avantage , it dans \\n plus haut degré.
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CDiniminautc est de nièine la diftercncc entre la somme produite ou importée, et la somme detruite ou exportée dans le période en (juestion.
Dans le cas d'un individu, accroissement d'argejil est accroissement de richesse. Si sa fortune consiste aujourd'hui en mille guinées, et qu'il en ail deux mille demain, il est deux fois aussi riche que le jour précédent. Il peut commander deux lois la même quantité du produit de tous les travaux.
Il n'en est pas de même pour une communauté. Si son numéraire métallique était aujourd'hui un million de livres sterling, et qu'il fût demain de deux millions , sa richesse ne serait pas doublée comme celle de l'individu ; la communauté ne serait pas même, pour l'intérieur, plus riche qu'auparavant. Au lieu d'avoir à son commandement une quantité double de produits, elle n'en a que la même quantité.
Il est vrai qu'en exportant chez d'autres nations cette masse soudainement acquise, la communauté en question obtiendrait une addition à la masse de sa richesse non pécuniaire; mais à mesure que cet échange se fait, le cas que nous avons supposé n'est plus le même. Elle cesse de posséder le million d'or additionnel.
Cette contradiction apparente entre les deux cas est facile à lever. Quand l'individu trouva sa.
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quantité d'or subitement doublée, la valeur de l'or n'avait pas diminué par cette addition : la communauté n'en possédait pas plus qu'auparavant, supposé que la somme ne vînt pas de l'étranger. La proportion entre le numéraire et les choses à vendre restait exactement la même.
La masse de toutes les choses qui sont vendues dans le cours de l'année est égale en valeur à la somme du numéraire donné en échange pour les obtenir, en multipliant la quantité actuelle du numéraire par le nombre de fois qu'il a servi aux échanges. Une de ces masses est égale en valeur à l'aulre ; car par la supposition l'une a été échangée contre l'autre.
Cette égalité subsiste , quelle que soit la différence en quantité entre ces deux masses. Quand le million en or, circulant trois fois pendant l'année, a acheté toute la masse des choses qui étaient à vendre, il donne à tous ses possesseurs successifs la jouissance de cette masse. Lorsqu'en prenant le même cours, les deux millions en or ont produit le même effet, ils n'ont opéré que ce que le seul million avait produit auparavant, puisque par la supposition la masse des choses n'a point reçu d'accroissement.
Cela veut dire, en d'autres termes, que la nouvelle masse métallique s'absorbe dans la masse générale du numéraire, et (ju'aulant on ajoute
DE LA UICHESSE. 3G l
à sa ijuanlité, autant on diminue de sa valeur.
L'addition faite au numéraire de la communauté produit une augmentation proportionnelle dans le prix des choses vénales, dans le prix pécuniaire de toute la masse de la richesse non pécuniaire, et conséquemmcnt, soit dans le prix de chaque article, soit dans celui du plus grand nombre.
Si une addition faite à la masse pécuniaire de la communauté est employée à créer une portion de richesse non pécuniaire qui n'aurait point été créée sans cela, si elle produit par le travail ou par des échanges une augmentation de richesses réelles, le résultat n'est plus le même. Dans la proportion où la richesse réelle est augmentée, l'addition faite au numéraire cesse d'opérer pour en diminuer la valeur relative.
Pour simplifier le cas et le rendre plus frappant, j'ai supposé une addition excessive et soudaine. Il est bien rare qu'une addition de cette nature ait eu lieu en métaux précieux , mais elle a souvent lieu en papier-monnaie.
Ainsi l'augmentation des prix, toutes choses d'ailleurs égales, est un(t preuve d'une extraaddilion au numéraire, et une mesure de sa quantité.
Cette défalcation de valeur équivaut à une taxe indirecte sur les revenus pécuniaires: taxe qui peut aller sans cesse en augmenlant ; taxe qui
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porte un bénéfice pour ceux qui émettent Je papier-monnaie , et dont le fardeau porte tout entier sur les possesseurs des revenus fixes. Il y a une compensation de cette taxe pour les producteurs et les marchands qui élèvent le prix des denrées, pour tous ceux qui ont leur part de ce nouveau numéraire ; mais ceux dont la fortune consiste dans un revenu pécuniaire qui n'augmente point en portent tout le poids (i).
Quand cette diminution graduelle de revenu se fait lentement, quoiqu'elle soit un mal, ce mal peut résulter de la prospérité générale et être compensé par un plus grand bien. Des pertes qui naissent du cours ordinaire des choses sont prévues et à peine senties : on y pourvoit d'avance. Mais quand le gouvernement lui-même intervient par des opérations dont les effets sont aussi grands que soudains pour donner un accroissement subit à Ja masse du capital pécuniaire, métallique ou monnayé, il confond tous les calculs de la prudence , il altère la valeur de tous les contrats existants, il ruine une partie de ses sujets, et sa richesse imaginaire devient l'instrument de sa
' Ce n'osl pas sans déflancc que je donne ici ce faible extrait d'un très grand ouvrage MSS. de M. Bentham sur les prix et sur les causes de la hausse des prix. 11 embrasse un si grand nombre de questions qu'il n'est pas possible d'en donner une idée cxacle dans un si court ;ibrégé.
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(lestiiiction. > oilà ce (ju'oii a vu en Fraïue sous !e système de Law, et plus encore sous le règne
des assignats.
m. Eniploi lo plus uvantageiix des capilaux.
ISous avions déjà vu que , sous la conduite de rintérèt individuel, les capitaux prendront une direction plus avantageuse que sous la conduite du gouvernement.
De tous les emplois des capitaux, le plus avantageux à la nation , c'est la culture des terres: il est à la fois , comme l'a démontré Smith , plus grand en lui-même et plus inhérent à l'état. Plus grand : car le capitaliste ne s'y vouerait pas s'il ne le trouvait à peu près aussi avantageux qu'un autre , et cela , après avoir déduit la rente qu'il paie au propriétaire , montant ordinairement au tiers du produit. Yoilà ce que l'état gagne à cet emploi, par-delà ce qu'il peut gagner à tout autre. De plus , c'est une richesse moins amovible : l'artisan peut emporter son industrie , le marchand ses magasins , le rentier ses capitaux ; le fermier ne peut pas emporter la terre.
Pour concourir à cet objet, que doit faire le gouvernement ? Pvien ; c'est-à-dire , rien comme encouragement positif ; car il ne saurait trop ôterles entraves, trop écarter les obstacles mis à
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l'aliénation des biens fonds ' , ni trop favoriser la conversion des biens communaux en propriétés individuelles'.
La condition la plus favorable à la prospérité de l'agriculture existe quand il n'y a point de substitutions, point de fondations inaliénables, point d'impôt sur les ventes ou les échanges , point de terres communales, point de droit de retrait, point de dîmes, ou de taille ou de redevances qui mettent l'industrie à l'amende, et lèvent sur le cultivateur une contribution d'autant plus forte qu'il a fait plus d'avances et donné plus de soin à la culture.
A parler en général , les grands terriens s'appliquent peu à l'amélioration de leurs domaines. Les uns laissent en friche pour le plaisir de la chasse une étendue de pays qui nourrirait des centaines de familles; les autres, prodigues à proportion de leur opulence , donnent tout aux jouissances actuelles, et s'occupent peu de l'avenir. Là où le système des baux et des fermes est sur un bon pied, le mal n'est pas grand; mais il en est tout autrement quand la régie est entre les mains d'un intendant , encore moins intéressé
' Voyez sur ocl objet, Traites de Icgislaliuii, loin. Il, jiag. i35.
^ Ibid.y loin. II, pog. i6[).
DK LA RICHESSE. 3(i!>
que les seigneurs à ramélioration du revenu. Que la grande propriété soit divisée en trois ou (juatre parties, les propriétaires seront animés d'un tout autre esprit. L'aiguillon du besoin les rend intelligents et industrieux. Le seigneur employait vingt jardiniers à produire des ananas, à soigner des boulingrins : cinq fabricants emploieront vingt cultivateurs à produire du blé pour eux et pour cent artisans. Mais qu'on n'imagine pas que je recommande des lois agraires et des divisions forcées : ce serait couper un bras pour le sauver d'une égratignure.
Dans l'échelle de futilité publique, en tant qu'elle dépend de la richesse générale, après l'agriculture, viennent les manufactures dont les produits se vendent dans le pays ; après celles-ci , les manufactures dont les produits s'exportent, et en dernier lieu vient le commerce de fret. Smith l'a démontré. Voilà pour la théorie ; mais il ne s'ensuit pas que dans la pratique on doive favoriser une branche d'industrie plus haute dans l'échelle aux dépens d'une autre qui se trouve plus bas. Elles exercent toutes les unes sur les autres une influence réciproque , et les bénéfices se partagent entre elles assez également; car si pour un moment une branche devient plus avantageuse que les autres, un plus grand nombre se porte aussitôt vers ce côté-là, et l'équili-
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Lie ne tarde pas à se rétablir. Si tel genre cVindustrie est plus constamment utile à l'état, c'est parceque le bénéfice lui reste plus sûrement, parceque la richesse qui en provient est plus stable.