‹ Théorie des peines et des récompenses; (volume 3)Chapitre 11 sur 111 · CLASSIFICATION · texte numérisé non relu

CLASSIFICATION

Nous avons vu que les délits privés pouvaient se ranger sous quatre chefs : délits contre la personne, — contre la propriété , — contre la répula- Lion , — contre la condition '.

La même division s'applique aux peines. Ou ne peut punir un individu qu'en l'affectant dans sa personne ou dans sa propriété , dans sa réputation ou dans sa condition.

Ce qui rend ces deux classifications symétriques, c'est que les peines et les délits sont égalements des maux infligés par l'agence libre des hommes. Autant de points où nous sommes vulnérables par la main d'un délinquant , autant de points où le délinquant lui-même est vulnérable pas le glaive de la loi. La différence entre les peines et les délits n'est donc pas dans leur nature , qui est ou qui peut être la même : la différence est dans la légitimité des unes, et l'illé-

' Traités de législation. Principes , elc. , toinc I, chnp. VUI.

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iiitiinité des autres ; les délits sont clétenclus par la loi, les peines sont l'œuvre de la loi. Quant à leurs effets, ils sont diamétralement opposés. Le délit produit un mal du premier ordre , et un mal du second ordre ' : il inflige une souffrance à un individu qui n'a pu l'éviter, et il répand une alarme plus ou moins générale. La peine produit un mal du premier ordre, et ufi bien du second ordre : elle inflige une souffrance à un individu qui l'a encourue volontairement; et dans ses effets secondaires, elle se change tout en bien, elle intimide les hommes dangereux, elle rassure les innocents, elle est l'unique sauvegarde de la société.

Les peines (jui affectent immédiatement la personne, dans ses facultés actives ou passives, constituent la classe des peines corporelles ; elles se divisent en plusieurs genres :

1° Peines simplement afflictives ;

' Traités , etc. , tom. I, chap. X. Analyse du mal.

Le mal résultant d'un délit se divise en deux lots principaux : 1° celui qui tombe immédiatement sur l'individu lésé; il constitue le mal du premier ordre; 2° celui qui prend sa source dans le premier, et qui se répand sur la cnmtnunaulé entière; c'est un senîiment d'alarme, résultant du danger de souffrir le même mal. Il constitue îe mal du second ordre.

Voilà l'idée générale: pour les développemeuls, je renvoie au chapitre indiqué.

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